Après la mort de Quentin Deranque à Lyon, l’enquête place La France insoumise sous pression. Plusieurs membres de la Jeune Garde, groupe d’ultra-gauche proche du parti, sont entendus, dont l’attaché parlementaire du député LFI Raphaël Arnault. À Strasbourg, la candidature d’un ancien porte-parole du collectif ravive la polémique.
La France insoumise dans une position de plus en plus intenable après la mort de Quentin Deranque, jeudi dernier à Lyon. Onze personnes sont actuellement entendues par les enquêteurs, dont plusieurs membres de La Jeune Garde, ce groupe d’ultra-gauche antifasciste proche de LFI.
Parmi eux : deux assistants parlementaires du député LFI Raphaël Arnault, cofondateur de la Jeune Garde, dont Jacques-Élie Favrot. Ce dernier "doit démissionner", estimait mercredi le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, sur Europe 1. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, appelle également La France insoumise à l’exclure de ses rangs.
À Strasbourg, une autre ancienne figure de la Jeune Garde fait polémique : Cem Yoldas est candidat pour l’extrême gauche, soutenu par le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), aux municipales qui se tiennent dans moins d’un mois. Son maintien dans la course à la mairie de la capitale alsacienne pose question.
Des tracts de campagne en arabe et en turc
Cem Yoldas, 29 ans, se présente comme un candidat "antifasciste, antiraciste". Crédité de 1 à 2 % des intentions de vote dans les sondages, il est soutenu notamment par le Nouveau Parti anticapitaliste, à l’ultra-gauche de l’échiquier politique.
Il y a quelques semaines déjà, Cem Yoldas faisait polémique en distribuant des tracts de campagne en arabe et en turc, en plus du français et de l’alsacien. Mais ce qui pose surtout question aujourd’hui, c’est son engagement au sein de la Jeune Garde antifasciste.
"Fièrement" porte-parole du groupuscule
Il en était l’un des deux porte-paroles et l’assume toujours "fièrement". Par ailleurs, il tient pour responsable de la mort de Quentin le collectif féministe identitaire Némésis et demande sa dissolution.
"Comment un membre de La Jeune Garde peut-il se présenter aux municipales ?", s’étonne la candidate du Rassemblement national à Strasbourg, Virginie Joron. Elle se dit également stupéfaite que Cem Yoldas soit, dans le civil, éducateur spécialisé dans la protection de l’enfance, lui qui a été un membre actif de la Jeune Garde.