L'enquête sur le meurtre de Quentin Deranque, survenu le 12 février lors d’une conférence de Rima Hassan à Sciences Po Lyon, progresse. La piste de la Jeune Garde s’affirme, relançant une vive polémique politique visant Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise.
L'enquête sur le meurtre de Quentin Deranque, jeudi 12 février en marge d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan à Sciences Po Lyon, avance. L'implication de la Jeune Garde, organisation militante française d'ultra-gauche proche de La France insoumise, semble s'intensifier dans les investigations.
Avant que la bataille politique ne reprenne ses droits, violente passe d'armes entre la cheffe des députés insoumis, Mathilde Panot, et le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui appelle le parti mélenchoniste "à faire le ménage dans ses rangs". "LFI a ouvert les portes de l'Assemblée à des meurtriers présumés", dit pour sa part Jordan Bardella.
Le président du Rassemblement National qui reproche à Jean-Luc Mélenchon ses nombreux éloges pour la Jeune Garde. Un groupuscule d'ultra-gauche dissous mais visiblement toujours actif. Six anciens membres figurent donc parmi les suspects interpellés hier soir. Une milice créée en 2018 et soutenue depuis par le patron des Insoumis.
"La Jeune Garde est une organisation alliée, liée au mouvement Insoumis"
Jean-Luc Mélenchon a renié aujourd'hui toute apologie de la violence. Ses adversaires politiques ressortent opportunément ces sorties qui prouvent le contraire, comme en novembre 2022 à Clermont-Ferrand lorsqu'il s'adresse à ses militants. "On m'a dit ce qu'il s'est passé ici avant que j'arrive ce soir. Les collages et tout ça, de l'extrême droite, les tags sur les murs. Il va falloir commencer à vous organiser les camarades. Parce que nous à Marseille, on a dû y aller avec des méthodes impactantes."
Au sujet de la Jeune Garde, dont il réfute depuis une semaine toute parentalité, le patron des Insoumis en parlait en tout autre terme à Auxerre le 30 avril dernier : "La Jeune Garde, est une organisation alliée, liée au mouvement Insoumis. Ce sont des jeunes antifascistes. Et demain à Lyon, j'appelle tous mes camarades, les insoumis, à aller se grouper derrière la bannière de la Jeune Garde pour dire 'Nous n'avons pas peur !'. J'en parle avec passion parce que ce sont mes jeunes camarades. Bravo jeunes gens ! Continuez jeunes gens !"
Autant de déclarations qui illustrent de manière flagrante, aux yeux d'une large partie de la classe politique, la responsabilité morale et politique du parti de Jean-Luc Mélenchon, qui depuis plusieurs années a théorisé la brutalisation de la vie politique.