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Mort de Quentin : la France va sévir contre l'ambassadeur américain qui a ignoré une convocation

Charles Kushner, ambassadeur américain en France, le 4 décembre 2025 à Paris.
Charles Kushner, ambassadeur américain en France, le 4 décembre 2025 à Paris. [AFP]

Le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot demande que l’ambassadeur des États-Unis n’ait plus d’accès direct au gouvernement après cette épisode. La France dénonce les commentaires de l’administration Trump au sujet de la mort du jeune étudiant nationaliste.

Paris a demandé lundi que soit révoqué l'accès direct au gouvernement français de l'ambassadeur américain Charles Kushner, qui a ignoré une convocation des Affaires étrangères après des commentaires sur la mort d'un étudiant d'ultradroite.

Le diplomate avait été convoqué en raison de la republication par l'ambassade américaine d'une réaction de l'administration Trump au décès à 23 ans de Quentin Deranque, battu à mort par des membres de l'ultragauche à Lyon, dans le centre-est du pays.

L'ambassade avait relayé un message évoquant des informations qui "devraient tous nous préoccuper". Charles Kushner "ne s'est pas présenté" malgré l'appel du ministre des Affaires étrangères français Jean-Noël Barrot, a déploré le Quai d'Orsay.

"Nous refusons toute instrumentalisation"

"Face à cette apparente incompréhension des attendus élémentaires de la mission d'ambassadeur ayant l'honneur de représenter son pays, le ministre (Jean-Noël Barrot) a demandé qu'il ne puisse plus accéder directement aux membres du gouvernement français", a ajouté le ministère.

"Il reste bien sûr possible que l'ambassadeur Charles Kushner exerce sa mission et se présente au Quai d'Orsay afin que nous puissions avoir les échanges diplomatiques permettant d'aplanir les irritants qui, inévitablement, peuvent survenir dans une relation d'amitié vieille de 250 ans", a-t-il néanmoins précisé.

Une source diplomatique a indiqué que Charles Kushner s'était fait représenter par un responsable de l'ambassade américaine, invoquant des engagements personnels.

"Nous refusons toute instrumentalisation de ce drame (...) à des fins politiques", a souligné dimanche Jean-Noël Barrot à la radio, estimant que la France n'avait "aucune leçon s'agissant de la violence, en particulier, à recevoir de l'internationale réactionnaire".

La Première ministre italienne Giorgia Meloni a également commenté la mort en France de Quentin Deranque, provoquant une passe d'armes avec le président français Emmanuel Macron qui l'a priée d'arrêter de "commenter ce qui se passe chez les autres".

Tempête politico-médiatique 

Emmanuel Macron, qui avait affirmé quelques jours plus tôt qu'il n'y avait "pas de place pour les milices d'où qu'elles viennent", va réunir mardi matin des responsables gouvernementaux pour se pencher sur la lutte contre les "groupes violents ultras ou extrêmes".

La mort de l'étudiant, que Jean-Noel Barrot a qualifiée de "drame qui concerne la communauté nationale", a provoqué une tempête politique et médiatique en France, le parti de gauche radicale France insoumise (LFI) étant sous le feu des critiques. Un suspect, mis en examen pour "complicité de meurtre", était, à ce moment-là, collaborateur parlementaire d'un député LFI.

L'ambassadeur américain quant à lui, en fonctions dans la capitale française depuis l'été dernier, avait déjà été convoqué fin août au ministère des Affaires étrangères après des critiques jugées inacceptables par Paris sur "l'absence d'action suffisante" contre l'antisémitisme d'Emmanuel Macron.

"En l'absence de l'ambassadeur" à Paris, c'est le chargé d'affaires de l'ambassade américaine qui s'était rendu à cette convocation. Charles Kushner est le père de Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump et proche conseiller de celui-ci.