Marche contre l’islamophobie : "Les conditions d’organisation sont trop ambiguës"

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© REMY GABALDA / AFP
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Pour Frédéric Potier, le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, invité dimanche d'Europe 1, la marche contre l'islamophobie organisée dimanche à Paris répond en partie à un "agenda politique".
INTERVIEW

Une grande marche contre l’islamophobie prendra le départ dimanche à 13 heures, depuis le parvis de la gare du Nord à Paris. Une cinquantaine de personnalités, dont Yannick Jadot, Philippe Martinez, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon, Edwy Plenel, Caroline de Haas, ou encore Esther Benbassa, ont signé au début du mois un appel à manifester pour dire stop à la "stigmatisation grandissante" des musulmans. Mais depuis, un certain malaise s’est installé autour de cette initiative, notamment dans les rangs de la gauche, en raison des affinités de certains organisateurs avec l’islam politique.

"Je n’irai pas. Le mot d’ordre, les conditions d’organisation de cette marche sont trop ambigus pour être utiles", a expliqué dimanche au micro de Bernard Poirette, sur Europe 1, Frédéric Potier, le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT. "Le texte qui appelé à manifester était trop vague, trop ambigu, avec des arrières pensées politiques", estime ce responsable ministériel qui dénonce "l’agenda politique" de certaines organisations, sous couvert de lutte contre la peur de l’islam.

"Je préfère parler de haine anti-musulman, car pour certains, derrière cette islamophobie, il y a clairement la remise en cause des lois sur la laïcité", pointe encore ce responsable.

"Une remise en cause de la laïcité telle que nous la concevons"

"Quand certaines organisations parlent de lois 'liberticides', elles visent la loi de 2004 qui interdit les signes religieux au collège, au lycée et à l’école", poursuit Frédéric Potier, qui cible plus particulièrement le Collectif contre l’islamophobie en France, réputé proche des Frères musulmans.

"Je considère que le CCIF n’est pas dans une approche républicaine, mais dans une approche communautariste. Quand vous reprenez ses publications, ses tweets, vous vous trouvez derrière un agenda politique caché qui est une remise en cause de la laïcité telle que nous la concevons. Ce n’est pas acceptable", conclut-il.

Europe 1
Par Romain David