Malek Boutih "ne pense pas que Gérard Collomb ait laissé une trace formidable"

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Pour l'ancien député socialiste, interrogé mardi sur Europe 1, parler de "guerre civile" face à la menace terroriste est disproportionné.
INTERVIEW

"D'ici à cinq ans, la situation pourrait devenir irréversible". En quittant ses fonctions de ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb s'est risqué à une sinistre prédiction sur l'avenir des quartiers difficiles. Des paroles que certains ont jugé par trop pessimistes. "Je regrette toujours un peu quand on dit une vérité avant de se barrer. Il y a un côté 'après moi le déluge'", a commenté l'ancien député socialiste Malek Boutih mardi, au micro d'Audrey Crespo-Mara sur Europe 1.

Une forme d'"incompétence". "Je crains la violence, la déstabilisation de nos sociétés, cette guerre permanente, mais je ne crois pas que la guerre civile soit à l'ordre du jour", estime Malek Boutih, qui avait été chargé en février 2015, par Manuel Valls, d'une mission sur les phénomènes de "basculement des nouvelles générations dans le terrorisme". "Cette manière de parler de la guerre civile […], c'est se cacher de son incompétence", tacle-t-il. "Je ne pense pas qu'il [Gérard Collomb] ait laissé une trace formidable."

 

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"On n'arrive pas à les attaquer."Trois ans jour pour jour après les attaques terroristes de Paris et du Bataclan, Malek Boutih estime que "la situation n'a pas énormément changé". "Notre pays n'a pas rien fait. Du point de vue de l'effort de sécurité et du perfectionnement des services de renseignement, on est très, très en pointe", nuance-t-il. "On est fort en défense, mais on n'arrive pas à les attaquer", ajoute-t-il.

Enrayer les dispositifs de recrutement. "On n'arrive pas à empêcher que de nouvelles générations de terroristes apparaissent", relève encore l'ancien président de SOS Racisme. "Ce n'est pas un terrorisme spontané, il y a des gens qui travaillent, qui mènent un travail de réseaux idéologiques. Et puis, derrière, [c'est le] le passage à l'action chez les plus jeunes, les plus exaltés. On connait le processus, mais on n'a pas encore réussi à trouver un moyen de pénétrer au cœur de ce dispositif", déplore-t-il.

Europe 1
Par Romain David