"L’idée de l’existence d’un privilège blanc vise à créer une confrontation entre couleurs", estime Valls

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Interrogé jeudi par Sonia Mabrouk dans la matinale d’Europe 1, l'ancien Premier ministre Manuel Valls a assuré n'avoir pas utilisé à son compte le mot "race" dans son entretien à "Valeurs actuelles", mais pour paraphraser la posture adoptée selon lui par une partie de la gauche face aux tensions communautaires.
INTERVIEW

Le choc des mots. Interrogé par Valeurs actuelles sur le mouvement de protestation contre le racisme et les violences policières né aux Etats-Unis, Manuel Valls a déclaré : "la lutte des classes disparaît au profit de la guerre entre races". Une phrase qui a fait bondir une large partie de la classe politique, notamment à gauche. "Il n'y a pas de race, il n’y a qu'une seule race, la race humaine", tient à mettre au point l’ancien Premier ministre de François Hollande, jeudi au micro de Sonia Mabrouk dans la matinale d’Europe 1.

"Je décris une situation", précise-t-il. "Je dénonce la logique d’une partie de la gauche, des extrêmes gauches, ce que l’on retrouve chez la France insoumise, chez les communistes et les écologistes, parfois même au PS, en lien avec la mouvance indigéniste ou décoloniale, et qui fait de l’affrontement entre 'races' – et j’y mets des guillemets – son fonds de commerce", explique Manuel Valls. "L’idée de l’existence d’un privilège blanc, avancée par ces groupes, vise à créer une confrontation entre couleurs", poursuit-il. "Cette guerre est terrible car elle essentialise en fonction de la couleur de peau."

"Pardon de parler cash"

Du côté du PS, le premier secrétaire Olivier Faure s’est dit "consterné" sur RTL par les propos tenus par Manuel Valls, estimant qu’il était tombé dans le piège de l’extrême-droite en reprenant la rhétorique du remplacement. "Je décris une situation", lui répond Manuel Valls, toujours sur Europe 1. "Il y a ceux qui veulent mettre en cause la République au nom de l’affrontement entre couleurs, entre 'races', et encore une fois j’y mets des guillemets", insiste l'ancien socialiste. "Pardon de parler cash, mais si on ne parle pas franchement, on passe à côté de l’essentiel."

"La République a expulsé les races", veut encore rappeler le candidat malheureux à la mairie de Barcelone, dans une référence au premier article de la Constitution de la Cinquième République. "Mais le racisme est partout", concède-t-il. "À l’égard de ceux qui ont une couleur, ou pas, je pense aux Français juifs. Il faut le combattre par la loi, et lutter contre les discriminations."

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Par Europe 1