Le Drian pointe le "lent suicide" du PS et souhaite entendre plus la gauche au sein de LREM

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"Le PS a raté quatre grands rendez-vous", estime Jean-Yves Le Drian dans "Le Parisien" (photo d'archives).
"Le PS a raté quatre grands rendez-vous", estime Jean-Yves Le Drian dans "Le Parisien" (photo d'archives). © BERTRAND GUAY / AFP
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"Sauf révision extrême de ses méthodes, son avenir s'annonce difficile", estime le ministre des Affaires étrangères à propos du Parti socialiste dans "Le Parisien", dimanche. 

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, ex poids-lourd socialiste, estime que le PS est voué à un "lent suicide" et appelle à une meilleure représentation des "sensibilités de gauche" au sein de La République en marche (LREM).

L'avenir du parti "s'annonce difficile"

"Le PS a raté quatre grands rendez-vous", estime-t-il dans Le Parisien, dimanche, citant la "dissidence" d'une partie de ses ténors après l'élection de François Hollande, le choix d'un de ces dissidents - Benoît Hamon - comme candidat à la présidentielle de 2017, puis celui de l'opposition systématique à LREM et enfin le vote d'une motion de censure durant la crise des "gilets jaunes". "À force d'enfermements successifs, on aboutit à de l'inexistant. C'est un lent suicide", met en garde Jean-Yves Le Drian, qui n'est plus membre du PS mais n'a pas rejoint LREM.

"Sauf révision extrême de ses méthodes, son avenir s'annonce difficile", prédit-il alors que le PS n'est crédité que de 5% des voix aux Européennes du 26 mai. "Face à cela, il faut que les sensibilités de gauche issues du PS, au sein de LREM, se structurent et s'expriment davantage", a pointé le ministre.

Des "inflexions significatives" dans la politique de la majorité

Jean-Yves Le Drian, qui avait réclamé un "nouveau contrat social" au plus fort de la crise des gilets jaunes, estime qu'Emmanuel Macron a tiré les leçons de cette secousse sociale et engagé des "inflexions significatives". "Franchement, je me retrouve tout à fait dans ce qu'a dit le président, tant sur le contenu des mesures que sur le changement de méthode", dit-il tout en appelant à mettre maintenant en oeuvre ces mesures avec "humilité et détermination".

Il a une nouvelle fois démenti toute ambition du côté de Matignon, où certains le verraient bien succéder à Edouard Philippe et incarner un virage social dans le quinquennat d'Emmanuel Macron. "La question ne se pose pas. Nous avons un bon Premier ministre (...) Quand on est Premier ministre et qu'on traverse une telle crise (celle des gilets jaunes, ndlr), on reste Premier ministre, on n'est pas usé, on sait faire", martèle-t-il.