Laurent Wauquiez estime qu'Emmanuel Macron prendrait "un grand risque" en cas de référendum "coupé des priorités" des Français

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Laurent Wauquiez est revenu dimanche sur les envies de référendum d'Emmanuel Macron.
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Le patron des Républicains, interrogé lors du "Grand Rendez-vous" sur Europe 1/CNews/"Les Échos", estime qu'un référendum centré sur des questions institutionnelles ne prendrait pas la mesure des préoccupations portées par les "gilets jaunes".

INTERVIEW

Emmanuel Macron "prendra un grand risque" s'il décide d'organiser un référendum portant sur des sujets "coupés des préoccupations et des priorités des Français", a estimé dimanche le président des Républicains (LR) Laurent Wauquiez, au micro du Grand Rendez-vous Europe 1/CNews/Les Échos. Le président de la République pourrait en effet convoquer un référendum le 26 mai, jour des élections européennes, pour sortir de la crise des "gilets jaunes", à l'issue du "grand débat", selon une information du Journal du dimanche. L'hebdomadaire évoque notamment des questions sur la réduction du nombre de parlementaires ou encore la limitation du nombre de mandats dans le temps. 

"Attention à ce que l'issue de ce 'grand débat' ne soit pas des sujets qui soient très coupés des préoccupations et des priorités des Français, et attention à ne pas donner le sentiment qu'au fond tout est déjà décidé", a déclaré Laurent Wauquiez. "On va donc sortir de ce 'grand débat' avec comme grand sujet adressé aux Français : 'On a compris ce que vous demandiez, en fait, votre profonde revendication pour votre avenir, c'est de changer les règles électorales et modifier à la marge le fonctionnement des institutions'. C'est ça ?", a-t-il interrogé.

"Le sujet de fond, c'est l'appauvrissement des classes moyennes". "Bien sûr que c'est un sujet qui compte. Mais si c'est le seul sujet qu'on propose aux Français comme point de sortie, alors le président de la République prendra un grand risque", a-t-il développé, jugeant "normal" que les partis d'opposition soient associés à la rédaction des questions. "Quel est le vrai sujet ? Le sujet de fond, qui est le drame de notre pays ? C'est l'absence de valorisation du travail. Le sujet de fond de notre pays, c'est l'appauvrissement des classes moyennes", a-t-il dit, suggérant d'ajouter à cet éventuel référendum un plan de baisse de la dépense publique avec, comme contrepartie, une baisse des impôts pour les ménages et des charges pour les entreprises.

Ne pas rendre le pays "ingérable". "Il faut qu'on invente un nouveau fonctionnement de notre démocratie. Les interrogations autour du référendum sont intéressantes", a par ailleurs répondu Laurent Wauquiez, interrogé sur les revendications des "gilets jaunes" autour des consultations populaires. "J'y mets juste deux limites. La première : il ne faut pas dénaturer les institutions de la Cinquième République. Et la deuxième : veillons à ce que notre pays ne devienne pas ingérable. […] Il faut qu'il y ait des règles qui soient posées", "il faut juste que ça ne puisse pas être n'importe quoi, n'importe comment, et tout le temps".

Marine Le Pen dénonce "une manœuvre" pour "détourner l'attention" des européennes

La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a vu dimanche une "manoeuvre" d'Emmanuel Macron pour "détourner l'attention" des élections européennes dans l'hypothèse d'un référendum organisé le même jour, tout en accusant le chef de l'État de "complotisme" face aux "gilets jaunes".
"Un référendum, moi je suis toujours d'accord", a déclaré sur BFMTV Marine Le Pen. "En réalité, tout cela est déjà empaqueté depuis le début." "Avant même d'avoir lancé le 'grand débat', il avait déjà décidé de proposer un référendum le jour des européennes pour détourner évidemment le sujet d'intérêt des européennes, où il sait que les positions qu'il défend sont tout à fait minoritaires dans le pays", a-t-elle affirmé.

"Le gouvernement est responsable de la situation car il a les moyens, clairement, d'arrêter du jour au lendemain ces manifestations", a jugé Marine Le Pen. "Le moyen, c'est faire voter la proportionnelle intégrale, la baisse du nombre de parlementaires, le référendum d'initiative populaire. Puis d'annoncer la dissolution de l'Assemblée nationale et revenir aux urnes pour que les Français puissent voir élire une Assemblée nationale qui soit représentative de l'ensemble du spectre politique", a-t-elle développé. "Si le président de la République fait cela, et je lui suggère de le faire depuis le mois de décembre, alors il n'y aura plus de manifestations. J'en suis convaincue", a-t-elle dit.