Lait contaminé dans les hôpitaux et pharmacies : une situation "incompréhensible" pour Agnès Buzyn

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La ministre de la Santé a indiqué sur Europe 1 qu'une enquête était en cours pour savoir comment du lait contaminé avait pu être mis en vente dans certains établissements de santé, en dépit des nombreuses alertes sanitaires.

INTERVIEW

Le scandale Lactalis continue à prendre de l'ampleur. Des boîtes de lait contaminé ont été retrouvées dans des pharmacies, des crèches et douze hôpitaux, a révélé Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie, lors d'une conférence de presse jeudi. "On est en train de faire une enquête concernant les hôpitaux incriminés. Les raisons sont assez variées. Visiblement, les circuits d'achat dans certains hôpitaux peuvent se faire par la cantine ou la pharmacie, on est en train de faire un retour d'expérience parce que c'est incompréhensible, vu le nombre d'alertes reçues par les établissements de santé et le nombre d'alertes reçues par les pharmacies, à partir du Conseil national de l'ordre des pharmaciens", a déclaré vendredi Agnès Buzyn, ministre de la Santé, dans la matinale d'Europe 1.

"Il y aura des suites". "Plusieurs alertes ont été envoyées sur les logiciels de métier des pharmaciens. C'est incompréhensible, et c'est totalement de la responsabilité, soit de ces établissements, soit des pharmaciens", martèle la ministre qui rappelle que sur 20.000 pharmacies en France, 44 ont été incriminées. "Les alertes sont plus que claires, chaque lot est détaillé. C'est ce que l'on appelle 'alerte de la DGS', ce sont des alertes sanitaires graves et tout le monde les comprend. Quand on est un professionnel de la santé, on ne peut pas se tromper sur la nature du risque", assure Agnès Buzyn. "Je crois qu'il y aura des suites. Une enquête est ouverte, nous verrons les responsabilités de chacun. En tout cas, en terme d'alerte, nous ne pouvons pas être plus clairs que ce que nous avons fait depuis le 2 décembre".

Entendu sur europe1 :
Je crains que nous trouvions des choses étonnantes chez Lactalis

La responsabilité de Lactalis. Par ailleurs, Bruno Le Maire a convoqué la direction de Lactalis, le ministre ayant jugé l'entreprise "défaillante" dans cette affaire. "À partir du 1er décembre, nous n'avons cessé de chercher les causes et d'accompagner les parents", a plaidé Michel Nalet, porte-parole du groupe sur BFM TV. "Je crains que nous trouvions des choses étonnantes chez Lactalis", relève de son côté Agnès Buzyn. "Il y a une forme de résistance. Nous le sentons dans le retrait de lots. Nous avons eu trois vagues successives de retrait de lots, ce qui a compliqué le traitement de cette information par les distributeurs. On a d'abord incriminé deux marques, puis plusieurs, puis encore plusieurs autres. Tout au long du moins décembre, il y a eu une sorte d’événement continu qui a, je pense, compliqué la tâche des distributeurs", estime la ministre. "Une enquête en cours, mais les services de l'Etat ont fait leur travail", conclut-elle.

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