La Cnil réservée sur le pass sanitaire : "Il faut que l’on puisse contrôler les gens", plaide Sophie Cluzel

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Sophie Cluzel, la secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées, était l'invitée politique d'Europe 1 jeudi. 2:46
Sophie Cluzel, la secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées, était l'invitée politique d'Europe 1 jeudi. © Europe 1
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Sophie Cluzel, la secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées, était jeudi l'invitée politique d'Europe Matin. Invitée à réagir aux critiques formulées contre l'extension du pass sanitaire, et notamment le risque qu'il représente pour certaines libertés, cette responsable gouvernementale invoque la menace d'un reconfinement.
INTERVIEW

La Cnil a émis mercredi soir un avis très réservé sur le pass sanitaire. Le gendarme du numérique invite le gouvernement à en "circonscrire" l’utilisation, car il porte une atteinte "particulièrement forte" aux libertés, selon les mots de Marie-Laure Denis, présidente de la Commission nationale de l'informatique et des libertés, qui était auditionnée au Sénat. "Il faut absolument que l’on puisse contrôler les gens, pour tous ceux qui ont fait l’effort de la vaccination ou des tests PCR. Il faut qu'on puisse engranger ces informations individuelles, bien sûr qui restent totalement privées, pour pouvoir circuler en toute sécurité", plaide ce jeudi matin, sur Europe 1, Sophie Cluzel, la secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées.

Le projet de loi sur le pass sanitaire est toujours examiné en débat à l'Assemblée nationale. Le gouvernement voulait aller vite pour faire passer ce projet de loi, engageant une procédure accélérée. Mais c'était sans compter sur les oppositions ; une centaine d'amendements ont été examinés sur plus d'un millier déposés mercredi. "Un confinement pour tous n’est pas neutre, c’est ce que l’on veut vraiment éviter", martèle Sophie Cluzel, qui concède néanmoins que ce dispositif "pose des questions". 

"On fixe les règles, et ensuite il y a le bon sens local"

Selon elle, l'objectif du gouvernement est d'affiner au maximum la lutte contre l'épidémie de coronavirus qui repart à la hausse sous l'effet du variant Delta, afin d'éviter une nouvelle mise sous cloche du pays. "Il nous faut cibler plus précisément, là où l'on sera utile sur la protection, sur l'isolement", explique-t-elle. "Les personnes vaccinées [qui seront cas contact] n’auront plus besoin de s’isoler", fait-elle valoir.

Sophie Cluzel rappelle également que les préfets ont le champs libre pour décider de mesures de freinage à l'échelon local. "On fixe les règles, et ensuite il y a le bon sens local. Ce virus ne circule pas de la même façon partout, c’est pour ça que l’on territorialise au maximum et que les préfets ont un rôle si important."

Europe 1
Par Romain David