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«Je n’ai plus rien à faire chez les LR» : David Lisnard claque la porte des Républicains

«Je n’ai plus rien à faire chez les LR» : David Lisnard claque la porte des Républicains [Thibaud MORITZ / AFP]

Chez Les Républicains, la question d’une primaire divise toujours, alors que Gérard Larcher appelle à une candidature unique de la droite et du centre. De son côté, David Lisnard annonce claquer la porte des Républicains. Au lendemain d’un bureau politique qui a décidé de laisser trancher les adhérents LR sur la manière dont ils désigneront leur candidat pour 2027, le maire de Cannes estime "ne plus rien avoir à faire chez LR".

Une déclaration choc qui survient moins d'une semaine après le second tour des municipales. David Lisnard, maire réélu de Cannes, a annoncé quitter son parti Les Républicains, excédé par le mode de sélection du candidat du parti pour 2027.

"Il n’y a aucune lisibilité, aucune cohérence, aucune constance"

Pour David Lisnard, le choix arrêté par le parti mardi soir est la goutte de trop. Le maire de Cannes dénonce un vote biaisé, sous-entendu trop favorable à Bruno Retailleau.

Comme Laurent Wauquiez, David Lisnard ne croit pas à une qualification du futur candidat LR au second tour de la présidentielle, et réclame une primaire beaucoup plus large, y compris avec Gabriel Attal ou Éric Zemmour.

Le vote du bureau politique a précipité sa décision, mûrie néanmoins depuis plusieurs mois. "Depuis le vote de confiance à Bayrou, l’abandon de la réforme des retraites, les ambiguïtés sur la participation au gouvernement, je pense qu’il n’y a aucune lisibilité, aucune cohérence, aucune constance."

Un rapprochement de la droite et du centre pour 2027 ?

Il y a également eu des appels répétés à une primaire élargie au-delà des frontières des Républicains, comme Michel Barnier, qui estime "qu'un seul candidat de la droite et du centre, c’est ça l’objectif." Car à droite, de nombreux cadres sont convaincus que LR ne pourra pas l’emporter seul en 2027.

Mais dans une interview au Figaro, Bruno Retailleau écarte le scenario d’une primaire : "Qui m’imagine sérieusement faire campagne pour Gabriel Attal ?", balaye le président des Républicains, qui réaffirme la nécessité pour LR d’avoir son candidat.

Et si certains anticipent un rapprochement à terme avec Edouard Philippe, Bruno Retailleau se montre franchement sceptique : "J’attends ses propositions" dit-il, "mais je pense que tôt ou tard, il sera rattrapé par le bilan d’Emmanuel Macron." Un bilan qu’il juge "désastreux" et disqualifiant, estimant qu'un "candidat macroniste ne pourra pas être élu président de la République." 

David Lisnard verra Bruno Retailleau mardi prochain pour lui faire part de sa décision. Un départ qui illustre la difficulté du parti à faire cohabiter plusieurs lignes. Car au-delà du maire de Cannes, d’autres cadres, comme Valérie Pécresse, Michel Barnier ou Jean-François Copé plaident pour un candidat unique de la droite et du centre, en excluant Reconquête.

Mais pour l’instant, Bruno Retailleau donne donc la priorité à la désignation d’un candidat LR, lequel pourrait ensuite se rapprocher d’un autre candidat, Edouard Philippe par exemple. L’idée fait en tout cas son chemin à droite : Jordan Bardella en fait même le pari aujourd’hui, dans une interview au Figaro.