Islam : "On a laissé prospérer un communautarisme par laxisme", regrette Rachida Dati

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Invitée dimanche du Grand Rendez-Vous sur Europe 1, la maire LR du 7e arrondissement a fustigé le manque de fermeté du gouvernement face à la montée du communautarisme. 
INTERVIEW

Comment mieux lutter contre le communautarisme ? Alors que la classe politique se déchire autour de la question du voile, le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau appelle dans le Journal du dimanche à interdire les listes communautaristes aux élections. Invitée dimanche du Grand Rendez-vous Europe 1/Les Echos/Cnews, l'ancienne ministre de la Justice Rachida Dati estime de son côté "qu'on a laissé prospérer un communautarisme par laxisme", et réclame l'interdiction de "toute profession de foi qui va a l'encontre de nos principes républicains".

Concernant la proposition de Bruno Retailleau, l'élue estime toutefois qu'un tel texte impliquerait de trouver "une définition de ce qu'est une liste communautaire". Car souvent, explique-t-elle, "comme on ne veut pas nommer les choses, on fait un truc fourre-tout et ce n'est pas efficace". 

"La fermeté et la clarté doivent être de mise"

"Mon engagement politique, c'est le combat contre le communautarisme", martèle tout de même la maire LR du 7e arrondissement. "Le communautarisme, c'est ce qui fracture notre destin commun". Ce communautarisme, développe-t-elle "pouvait se réduire", mais "on l'a laissé prospérer par laxisme".  

Rachida Dati fustige l'inaction du gouvernement, et assure que la loi pose déjà des cadres. "Je sais ce qui est interdit par la loi. L'inégalité homme-femme est interdite par la loi tout comme les atteintes à la laïcité. Mais il faudrait une politique pénale en conséquence". "Avez vous entendu la Garde des Sceaux dire : 'On a une politique pénale ferme et ces comportements seront réprimés systématiquement' ?", interroge-t-elle. "La politique pénale, la fermeté et la clarté doivent être de mise".

Rachida Dati favorable à l'interdiction du voile lors des sorties scolaires

Revenant sur la polémique autour du voile, qui déchire même au sein du gouvernement, l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy se dit favorable à son interdiction pendant les sorties scolaires. "On a laissé une tension s'installer au sein de la communauté éducative", regrette-t-elle, avant d'estimer que "les sorties scolaires participent de la vie scolaire". "Il faut être clair", réclame Rachida Dati, qui estime que les Français musulmans "ne contesteront pas" une éventuelle nouvelle loi sur le voile. 

Alors que le gouvernement veut mieux détecter les signaux de radicalisation religieuse, Rachida Dati rappelle par ailleurs que "la radicalisation ne date pas d'aujourd'hui". Mais, revenant sur la "société de vigilance" réclamée par Emmanuel Macron, l'élue de Paris estime que la détection "est une affaire de professionnels". "On a un problème dans l'analyse de l'information. C'est pas le voisin qui va dire 'il a une barbe donc il va peut-être passer à l'acte'". "C'est une mission régalienne du cœur de l'État (...) Il faut des outils sécuritaires, de prévention, de détection, et de sensibilisation".