Ingrid Levavasseur : "Maintenant qu’on a ouvert la bouche, on ne va certainement pas la fermer !"

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Figure du mouvement des "gilets jaunes", Ingrid Levavasseur revient sur son engagement chez Anne Roumanoff vendredi, et dénonce des hommes et femmes politiques déconnectés des réalités.
ANNE ROUMANOFF, ÇA FAIT DU BIEN

Depuis le début du mouvement des "gilets jaunes", en octobre dernier, Ingrid Levavasseur est une des figures de la contestation avec Eric Drouet, Maxime Nicolle ou encore Jérôme Rodrigues. Chez Anne Roumanoff vendredi, elle revient sur son engagement.

 

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"Mon quotidien est difficile, mais celui de nombreuses personnes l’est aussi". "J'ai vu la souffrance, l'injustice sociale, ce n’est pas nouveau pour moi, je n’ai pas découvert ça le 17 novembre", souligne Ingrid Levavasseur. "Mon quotidien est difficile, mais celui de nombreuses personnes l’est aussi", rappelle-t-elle. D'abord active sur un péage dès la première journée du mouvement, Ingrid Levavasseur a ensuite poursuivi la lutte. Elle était même à l'initiative d'une manifestation dans la ville de Louviers, dans l'Eure, le 1er décembre 2018. "Je ne vois pas pourquoi je ne dénoncerais pas la misère sociale dans laquelle on est toutes et tous. (...) Maintenant qu’on a ouvert la bouche, on ne va certainement pas la fermer", met en garde l'auxiliaire ambulancière.

"Tous les politiciens ne sont pas des pourris". Au micro d'Europe 1, Ingrid Levavasseur dénonce l'inaction des hommes et femmes politiques, malgré les mesures déjà prises pour répondre à la crise des "gilets jaunes". "Je veux juste qu’ils redescendent sur terre. Ils sont allés très haut, très vite et je pense qu’ils ont oublié la base, ceux qui souffrent au quotidien", déplore-t-elle, imageant par l'exemple : "avec une toute petite retraite de 960 euros, on ne peut pas vivre décemment."

"Tous les politiciens ne sont pas des pourris, mais à partir du moment où ils sont dans un parti, ils suivent des éléments de langage et ils ne sont plus eux-mêmes", affirme Ingrid Levavasseur. "Quand vous les voyez sur les plateaux, qu’ils tiennent un discours et qu’en off, ils vous parlent et vous disent certaines choses, vous vous demandez à quel moment ils sont eux-mêmes", indique la jeune femme.

"On ne peut pas m’acheter". Alors qu'elle devait être tête de liste du Ralliement d’initiative citoyenne (RIC) pour les élections européennes, Ingrid Levavasseur a finalement renoncé à cet engagement mercredi. "Je ne souhaite surtout pas ressembler aux partis traditionnels, ceux qui font de nous des gens pathétiques", justifie la "gilet jaune". Elle n'a pas encore décidé comment se mobiliser en vue de l'échéance électorale, mais une chose est sûre, elle ne lâchera pas le combat : "je dis et je dirais toujours ce que je pense. Je serais toujours fidèle à mes convictions, on ne peut pas m’acheter." 

Europe 1
Par Guillaume Perrodeau