"Gilets jaunes" : l'Assemblée nationale adopte les mesures d'urgence du gouvernement

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Les mesures adoptées en réponse aux revendications des "gilets jaunes" constituent un "trompe-l’œil" a dénoncé la gauche de la gauche.
Les mesures adoptées en réponse aux revendications des "gilets jaunes" constituent un "trompe-l’œil" a dénoncé la gauche de la gauche. © Thomas SAMSON / AFP
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Dans la nuit de jeudi à vendredi, les députés ont voté les mesures d'urgence pour régler la crise des "gilets jaunes" avant que les sénateurs ne se prononcent vendredi.

Prime exceptionnelle, heures sup défiscalisées, exonération élargie de hausse de CSG pour des retraités : l'Assemblée nationale a donné son feu vert dans la nuit de jeudi à vendredi aux mesures d'urgence du gouvernement pour répondre à la crise des "gilets jaunes". Après plus de treize heures de vifs débats, le projet de loi portant "mesures d'urgence économiques et sociales" a été approuvé par 153 voix contre 9 et 58 abstentions.

Au tour du Sénat vendredi. Le texte, examiné en procédure accélérée, passera dans la foulée ce vendredi au Sénat. Son président Gérard Larcher a souhaité un "vote conforme" de la chambre haute, à majorité de droite, ce qui permettrait l'adoption du texte avant les vacances parlementaires.

"Des réponses fortes", selon Buzyn. Ces mesures apportent "des réponses rapides, fortes et concrètes" à la crise des "gilets jaunes", "condition d'un apaisement" même si "cela ne suffira pas", a affirmé la ministre du Travail Muriel Pénicaud, présente aux côtés d'Agnès Buzyn (Santé).

Mélenchon promet un "Noël aux ronds-points". C'est plutôt un "trompe-l’œil" a dénoncé la gauche de la gauche. "Vous pensez que vous allez régler le problème avec quatre mesures et un grand débat (...) il ne vous restera qu'à croiser les doigts pour que les gens s'en contentent", a répondu le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, lançant : "vous allez avoir Noël aux ronds-points". "Votre projet de loi répond à la règle des trois E : embrouille, entourloupe et emberlificotage", a raillé le communiste Pierre Dharréville.

L'opposition bataille. Communistes et Insoumis ont réclamé en vain le retrait de la mesure portant sur la défiscalisation des heures supplémentaires, "mesure sarkozyste dangereuse" selon eux. La demande des Républicains d'exonérer ces heures supplémentaires de cotisations patronales a été rejetée elle aussi, la majorité ne souhaitant pas que les entreprises recourent à ce moyen au lieu d'embaucher de nouveaux salariés.

Les oppositions de gauche comme de droite ont jugé "injuste" la prime exceptionnelle de 1.000 euros détaxée que les entreprises auront la possibilité de verser, d'ici le 31 mars, à des salariés rémunérés jusqu'à 3.600 euros.  "De nombreuses petites et moyennes entreprises ne pourront néanmoins pas les verser", faute de trésorerie suffisante, a souligné Gilles Lurton (LR). Sur la CSG, les Républicains ont défendu sans succès des amendements pour que la mesure touche l'ensemble des retraités.

Pour le PS ? "un budget insincère". L'article 4 du projet de loi, qui prévoit un rapport du gouvernement sur "la revalorisation exceptionnelle de la prime d'activité au 1er janvier 2019" - la mesure de revalorisation elle-même ne passant pas par la loi mais le règlement - a donné lieu à des débats houleux sur la promesse d'Emmanuel Macron (hausse de revenu de 100 euros autour du Smic). La tension est montée entre Agnès Buzyn et les socialistes Boris Vallaud et Valérie Rabault. Cette dernière a accusé le gouvernement d'avoir présenté un budget pour 2019 "insincère" avec des crédits insuffisants pour la prime d'activité. "Vous nous avez laissé une ardoise de 800 millions d'euros. Ça, c'est un budget insincère !"