Bruno Retailleau et François-Xavier Bellamy pressent le gouvernement d'appliquer sans attendre le futur règlement européen sur les retours de migrants en situation irrégulière. Une offensive politique qui permet au patron de LR de se distinguer d'Édouard Philippe et de Gabriel Attal sur l'immigration.
Les Républicains appellent le gouvernement à se saisir d'une occasion unique pour durcir la politique migratoire en Europe. Le président de LR, Bruno Retailleau, et l'eurodéputé François-Xavier Bellamy organisaient ce lundi une conférence de presse pour vanter l'une des victoires majeures obtenues par la droite au Parlement de Strasbourg : le feu vert donné, la semaine dernière, au règlement retour.
Se démarquer de Gabriel Attal et Édouard Philippe
Des mesures visant à faciliter les expulsions de migrants en situation irrégulière, en créant notamment des centres de rétention en dehors des frontières des 27. Un sujet qui permet surtout au candidat Retailleau de se démarquer de ses deux concurrents du centre, Édouard Philippe et Gabriel Attal.
C'est un véritable point de clivage avec ses deux concurrents du bloc central. Lors d'un premier vote, en mars dernier, les eurodéputés Renaissance avaient en effet voté contre le texte et ceux d'Horizons s'étaient majoritairement abstenus. D'où la pression mise par Bruno Retailleau sur l'exécutif afin qu'il applique rapidement en France ce règlement, en passe d'être adopté à Bruxelles.
"Il y a un doute, une incertitude sur la volonté du chef de l'État, sur la volonté du gouvernement d'appliquer la totalité du règlement retour, et notamment les centres de retour, pour lesquels j'ai toujours été favorable", estime-t-il.
Illustrer sa radicalité raisonnable
Bruno Retailleau revendique la totalité des mesures inscrites dans le texte : la création des centres de retour, donc, mais aussi l'allongement de la durée de rétention des migrants jusqu'à deux ans, contre 70 jours aujourd'hui en France, ou encore la fin de l'effet suspensif des recours en justice.
Autant de propositions qu'Édouard Philippe ou Gabriel Attal pourraient ne pas reprendre dans leur intégralité, ce qui illustrerait, selon Bruno Retailleau, leur tiédeur en matière d'immigration. Un moyen pour le candidat des Républicains d'illustrer sa radicalité raisonnable, avec un texte qui durcit considérablement la législation tout en respectant le cadre institutionnel.