Alors que le pouvoir d'achat reste au cœur de ses priorités, la candidate du Rassemblement national à la présidentielle s'oppose à toute hausse autoritaire du SMIC pour préserver des entreprises jugées trop fragiles.
Pour Marine Le Pen, obliger les entreprises à augmenter le SMIC d'environ 10 % serait une mauvaise idée et une folie, car elles ne seraient pas en mesure d'encaisser une telle hausse. Refusant toute contrainte, la candidate du Rassemblement national à la présidentielle propose d'autres solutions.
Un signe de réalisme
Bien qu'elle ait fait du pouvoir d'achat l'une de ses priorités depuis longtemps, elle ferme ainsi la porte à l'une des principales revendications de la CGT : "Nos entreprises sont dans une situation trop fragile pour leur imposer en quelque sorte de manière autoritaire une augmentation du SMIC de 10 %. Ou alors on rentre dans l'URSS. Je ne suis pas absolument convaincue de l'efficacité de l'URSS, vous voyez ?".
Marine Le Pen privilégie plutôt des mesures incitatives envers les employeurs : "On peut leur expliquer qu'il est absolument nécessaire de le faire, qu'il y a un moment où il faut axer et inciter effectivement à la participation, à l'intéressement et qu'il est important pour eux qu'ils prennent attention à leurs salariés. Mais on ne peut pas faire ça de manière coercitive parce que sinon on change de régime".
Elle y voit un signe de réalisme, alors qu'elle est parfois accusée par ses adversaires de droite de céder à la démagogie. Son entourage s'en défend et avance comme preuve cet alignement sur certains sujets, y compris sur le plan économique.