Face aux questions de pouvoir d'achat, le gouvernement songe à proposer une nouvelle augmentation du Smic avant la fin de l'année. Une idée qui met le patronat vent debout, qui craignent une nouvelle augmentation du coût du travail en France et la destruction d'emplois à moyen terme.
Face aux revendications sur le pouvoir d'achat, le gouvernement va-t-il avancer la traditionnelle revalorisation du Smic du début d'année ? Actuellement fixé à 1867 euros brut par mois, le salaire minimum doit augmenter le 1er janvier prochain en fonction de l’inflation.
Mais cette revalorisation, qui doit atteindre une quinzaine d'euros par mois, ne convainc personne, ni les organisations syndicales, ni les patrons qui redoutent une nouvelle hausse du coût du travail.
Ces derniers doivent déjà faire face au projet de loi Finances pour l'année 2027 qui prévoit de supprimer une partie des exonérations de cotisations patronales sur les bas salaires, provoquant environ 550 euros par an et par employé de surcoût pour les entreprises.
Déjà 44 euros d'augmentation depuis le début de l'année
Les entreprises rappellent que le Smic, indexé sur l’inflation, a déjà augmenté à deux reprises en 2026 pour une revalorisation de près de 4%. Une troisième augmentation dans l’année mettrait les entreprises en grande difficulté sans vraiment soulager les salariés, selon Michel Picon, président de l’Union des entreprises de proximité.
"Les augmentations de SMIC que l’on a déjà fait depuis le premier janvier, c’est pas loin de 44 euros. Est-ce que la situation des salariés s’est amélioré la réponse est non parce que dans le même temps le panier de courses il a augmenté", souligne-t-il au micro d'Europe 1.
200.000 emplois menacés suite à la hausse du SMIC ?
"Il faut arrêter de casser ce système là parce que les entreprises, plus vous leur demandez d'augmenter, plus elles répercutent quand elles le peuvent sur leur prix. Et si elles ne répercutent pas dans leur, alors, elles partent au tapis avec les emplois qui vont avec", insiste le président de l'Inion des entreprises de proximité.
Le MEDEF estime de son côté que le surcoût du budget 2027 et d’une augmentation anticipée du SMIC va “absorber une part significative des moyens disponibles pour les augmentations de salaire” pour l'an prochain. À moyen terme, cette hausse du coût du travail menacerait 200.000 emplois, selon les estimations de l’organisation patronale.