"Gilets jaunes" : pour Emmanuel Macron, la crise est "une chance" pour "réagir plus fort et plus profondément"

, modifié à
  • A
  • A
Partagez sur :
Lors d'une visite surprise à Gasny, dans l'Eure, le chef de l'État a souligné mardi que la crise actuelle était l'occasion de "réagir plus fort et plus profondément".

La crise des "gilets jaunes" est une "chance" pour "réagir plus fort et plus profondément", a souligné mardi Emmanuel Macron lors d'une visite surprise à Gasny, dans l'Eure, où il a participé au Conseil municipal le jour du lancement du grand débat. "Je ne veux pas dire que les 'gilets jaunes' est un mouvement social d'un nouveau type, qu'on va attendre qu'il se fatigue et la vie reprendra son cours [...] Mais c'est une chance pour qu'on puisse réagir plus fort et plus profondément", a déclaré le chef de l'État, quelques heures avant le lancement officiel du grand débat à Grand Bourgtheroulde avec plus de 600 maires.

Que demandaient les Français dans les cahiers de doléances en 1789 ?Ecoutez ici le récit inédit de Fabrice d’Almeida dans "Au cœur de l’histoire".

Le président est resté un peu plus d'une heure à Gasny, une commune de 3.000 habitants à proximité de Giverny et Vernon dans l' Eure, en présence de Sébastien Lecornu, ministre chargé des collectivités territoriales, co-animateur du "grand débat national" et ancien président du conseil départemental de l'Eure. Au cours de la discussion, Emmanuel Macron a dit son souhait que le "grand débat" puisse déboucher sur "une transformation de notre pratique démocratique".

La légitimité du chef de l'Etat. "On a des réflexes dans lesquels on a continué à s'enfermer collectivement. Le premier de ces reproches est "pour le gouvernement, pour moi-même": "quand on a la légitimité on considère que c'est bon, ça y est, on peut y aller". "Or, même avec cette légitimité, il faut continuer à associer, partager. Le grand débat doit servir à ça". "Il faut constamment redemander aux gens leur avis. Je ne pense pas du tout que ce soit du temps perdu, que ce soit du temps pour arrêter les réformes car les gens veulent des changements", a-t-il ajouté.

La colère d'un retraité. En s'adressant au président, un élu du Conseil municipal a déclaré vouloir "parler au nom de tous les retraités de France", qui "sont les premiers à dépenser pour revaloriser l'économie française". Or "j'ai perdu 15% de pouvoir achat en novembre", a-t-il précisé. "Je comprends très bien ce que vous dites. On va avoir ce débat sur nos dépenses publiques", a répondu Emmanuel Macron, en réaffirmant sa volonté de "réformer notre système de retraite pour le rendre plus juste car il y a des systèmes plus avantageux que d'autres". "J'entends vote message, qui a été porté par les 'gilets jaunes'", a-t-il ajouté. 

Un salarié de la SNCF. Jusqu'à présent, il avait évité de citer dans ses interventions publiques le nom du mouvement qui, depuis la mi-novembre, a bouleversé son agenda et celui du gouvernement.  L'un des élus de Gasny a mis un gilet jaune sur la table en expliquant être un salarié de la SNCF mécontent de la réforme menée au printemps dernier. "On nous a imposé une réforme qui n'était pas la meilleure", a-t-il dit. "Il fallait la faire car l'entreprise était en train de tomber", a répondu le chef de l'Etat. "Maintenant la réforme est dans les mains des partenaires sociaux. Peut-être qu'on peut mieux faire si on continue la consultation".

À partir de 15 heures, Emmanuel Macron est attendu dans le gymnase de Grand Bourgtheroulde pour y écouter, pendant plus de deux heures, les maires des cinq départements normands venus exposer les doléances de leurs administrés.