Au moment où ses collègues du nouveau gouvernement déballent encore leurs cartons et s'installent dans leur ministère, Gérald Darmanin, lui, n'a pas de temps à perdre. Ambitieux et fonceur, il revêt son costume tout neuf de garde des Sceaux, se presse devant les caméras pour préciser sa feuille de route tout en faisant plancher ses collaborateurs sur une circulaire de politique pénale qu'il veut publier le plus rapidement possible.
Les magistrats attendent beaucoup de leur nouveau ministre
Un style qui contraste immédiatement avec la réserve et la prudence de son prédécesseur, Didier Migaud. Sa grande liberté d'action et de ton était déjà la marque de fabrique de Gérald Darmanin place Beauvau. Et si ses détracteurs mettent en avant le modeste bilan de l'ex-premier flic de France sur les questions sécuritaires et migratoires, les forces de l'ordre, elles, ont salué son action pour aller décrocher des crédits inédits.
Aujourd'hui, place Vendôme, les magistrats espèrent que leur nouveau ministre saura utiliser son poids politique pour remporter ses arbitrages et obtenir, auprès de Bercy, davantage que les 250 millions d'euros d'augmentation de budget qu'était parvenu à garantir Didier Migaud.