Le Sénat a rejeté ce mercredi soir l'article 4 du texte sur la fin de vie, qui prévoit la création d'une aide médicale à mourir. Un coup de théâtre, qui a provoqué de vives tensions dans les allées du palais du Luxembourg.
C’est un véritable coup de théâtre qui s'est produit ce mercredi soir au Sénat. Les élus de la chambre haute ont rejeté tard dans la soirée l’article 4 de la proposition de loi sur l’euthanasie. Un vote serré à 144 voix contre 123 et qui vient bouleverser les débats puisque cet article entérinait précisément le principe du recours à l’euthanasie et au suicide assisté.
Alors, après la surprise générale, place à l'indignation. Patrick Kanner, sénateur du Parti socialiste attribue le revirement de la majorité de droite au discours de Bruno Retailleau, président des Républicains et ouvertement opposé à la création d'un droit à l'euthanasie.
"C’est un triste soir pour le sénat, il y a clairement des changements de position sur l’aile droite de cet hémicycle, qui fait qu’aujourd’hui le Sénat fait de ce texte une sorte d’agonie politique" dénonce le sénateur PS.
Un texte qui n'a convaincu personne
Indigné, le sénateur LR Max Brisson se lève et répond aussi sec : "Sur ce type de texte, c’est d’abord en conscience que nous prenons nos décisions, et Monsieur Retailleau ne nous les dicte pas. Il n’y a pas de vote digne, et des votes qui ne le sont pas", s'agace-t-il.
Concrètement, personne n’est convaincu par le texte élaboré en commission : la gauche dénonce d’une part un texte trop restrictif, quand la droite refuse d’entériner la création d’une euthanasie, même très limitée.
Reste désormais à savoir si les débats se poursuivront ou non et si la navette parlementaire, qui prévoir un retour du texte à l’Assemblée sera maintenue. Une chose est sûre : "On est en plein dans l’enlisement dont parlait Emmanuel Macron lorsqu’il évoquait un référendum sur le sujet", souligne un fin connaisseur du dossier.