Européennes : comment va se passer la diffusion des clips de campagne

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Les chaînes publiques diffuseront le clip de toutes les listes entre le 14 et le 23 mai.
Les chaînes publiques diffuseront le clip de toutes les listes entre le 14 et le 23 mai. © LUDOVIC MARIN/AFP
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Au lendemain du coup d’envoi de la campagne officielle, les chaînes publiques vont diffuser à partir de mardi, et jusqu’au 23 mai, le clip des 34 listes déposées pour le scrutin. Selon un cahier des charges ultra précis et des règles très strictes.
ON DÉCRYPTE

Les ordinateurs et les cerveaux ont sans doute frôlé la surchauffe ces derniers jours du côté du CSA et de France Télévisions. En cause, l’organisation la diffusion des clips officiels des listes candidates aux élections européennes du 26 mai. Ces spots seront programmées du mardi 14 mai, lendemain du coup d’envoi de la campagne officielle, jusqu’au jeudi 23 mai, veille de la fin de ladite campagne. L’instance de contrôle et la société qui gère la télévision publique ont dû composer avec deux difficultés majeures : le nombre de listes en présence - 34 - et des règles très précises censées répartir les temps d’antenne de la manière la plus juste possible. 

Un nombre record de listes

Depuis vendredi matin, ce sont bien 34 listes - et non 33 - qui sont sur la ligne de départ pour les européennes. C’est un record, et de loin, pour un scrutin de liste au niveau national. La dernière fois que les Français avaient voté selon le même mode de scrutin pour élire leurs eurodéputés, c’était en 1999. Et il y avait alors 20 listes seulement (elles étaient également 20 en 1994, 15 en 1989, 14en 1984 et 11 en 1979).

Des règles de répartition de temps d’antenne complexes

34 listes donc, et pas franchement logées à la même enseigne. Pour répartir le temps d’antenne de chacune d’entre elles, le CSA avait à disposition trois fractions, pour un total de 312 minutes.

La première fraction est strictement égalitaire. Elle concerne la diffusion de deux clips d’une minute 30 pour chaque liste, soit trois minutes d’antenne chacune, sur des créneaux de diffusion semblables, pour préserver l’égalité. Cette fraction représente 102 minutes d’antenne. Pour les minutes restantes, ça se complique sensiblement.

La deuxième fraction, avec deux heures, soit 120 minutes, à répartir, est calculée en fonction de la représentativité parlementaire de chaque liste. Les 577 députés, 348 sénateurs et 74 députés européens ont été interrogés pour faire part de leur soutien, afin de déterminer quelle liste aura droit à quel temps de parole supplémentaire. Les résultats, remontés et transmis au CSA par le ministère de l’Intérieur, avantage logiquement les partis ayant le plus d’élus.

La grande gagnante est donc Nathalie Loiseau, dont la liste Renaissance, soutenue par Emmanuel Macron et environ 320 parlementaires, bénéficie dans cette fraction de 52 minutes et 20 secondes d’antenne. Suivent l’Union de la droite et du centre menée par le Républicain François-Xavier Bellamy (+34’18’’). Au total, seules 12 des 34 listes récupèrent plus ou moins de temps d’antenne dans cette deuxième fraction.

La troisième fraction est sans conteste la plus sensible, car elle répond à des critères plus flous. Le CSA dispose en fait de 90 minutes bonus, avec, explique l’organisme sur son site, "pour objet de corriger les déséquilibres qui affecteraient la répartition obtenue après l’attribution des durées prévues" au titre des deux fractions précédentes. Pour ce faire, l’instance prend en compte les résultats des trois derniers scrutins nationaux (européenne 2014, présidentielle et législatives 2017), les sondages d’opinion, mais aussi, et c’est plus subjectif, "la contribution de chacune des listes de candidats et des partis et groupements politiques qui les soutiennent à l’animation du débat électoral". Le CSA a tranché jeudi et distribué ses 90 minutes à six listes.

Le grand gagnant est le Rassemblement national, qui bénéficie de 42 minutes supplémentaires. Cela peut sembler beaucoup, mais sans ce coup de pouce, la liste de Jordan Bardella n’aurait bénéficié que d’un peu plus de 6 minutes pour ses clips officiels. Les autres principaux bénéficiaires sont La France insoumise, avec 12’43’’ supplémentaires, et Europe Ecologie (10’8’’).

Pour retrouver les temps de parole attribués par liste, c’est par ici, sur le site du CSA

Des créneaux de diffusion à respecter

Hors de question évidemment pour les chaînes publiques de programmer les clips quand bon leur semble. S’agissant de la première fraction, donc des spots ne dépassant pas une minute 30, ils seront diffusés sur des créneaux similaires, généralement avant ou après les tranches d’information. Sur France 2, les clips seront ainsi diffusés vers 13h40 et 20h35 chaque jour. Sur France 3, ce sera vers 12h55 et après Le Soir 3, donc après 23 heures.

Pour les clips plus longs, avoisinant les 2’30’’, et ne pouvant donc être diffusées qu’au titre des deuxième et troisième fractions de temps de parole, ils seront diffusés sur France 2 vers 9h25, après Télématin, et sur France 3 vers 17h55, avant Questions pour un champion.

Reste un dernier élément : les ordres de passage. Ceux-ci ont été tirés au sort au CSA jeudi. Côté formats courts, ce sera La France insoumise qui ouvrira le bal mardi 14 mai.  Et c’est la liste Neutre et Actif qui verra son clip diffusé le dernier, le jeudi 23 mai. Dans l’intervalle, toutes les listes auront eu droit à deux diffusions.

Concernant les formats plus longs, c’est la liste Renaissance, soutenue par LREM, qui a gagné le droit de passer en premier. Ce sera donc mardi, après Télématin. A vos agendas !