Éric Woerth sur les "gilets jaunes" : "La colère, ça ne s’organise pas vraiment, ça se crie"

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Invité de Bernard Poirette sur Europe 1 samedi, Eric Woerth assure que Les Républicains avaient "prévenu le gouvernement dès septembre 2017" que la hausse des taxes sur le carburant provoquerait la colère des Français.
INTERVIEW

La scène a été "assez ridicule pour le pouvoir". Eric Woerth est revenu samedi matin, au micro de Bernard Poirette, sur le fiasco de la réunion entre les représentants des "gilets jaunes" et Edouard Philippe, vendredi. Seulement deux "gilets jaunes" se sont rendus à Matignon alors que huit étaient attendus. Pis, l'un d'eux a décidé de s'éclipser au bout de trois petites minutes, après le refus du Premier ministre que l'entretien soit filmé et retransmis en direct.

"La verticalité du pouvoir macroniste" face à l'"horizontalité" des "gilets jaunes". "C'est la rencontre de deux mondes", a estimé le député LR de l'Oise et ancien ministre du Budget. Il y a d'un côté, "la verticalité du pouvoir macroniste" et de l'autre, "une horizontalité idéologique" chez les "gilets jaunes" : "Ce sont des personnes venus de tous horizons et c'est pour cela qu'ils ont bien du mal à formuler des revendications cohérentes." Cette horizontalité est également "géographique" car ce mouvement "représente toute la France".

Eric Woerth reconnait qu'il est "probablement compliqué" pour un mouvement tel que celui-ci de s'organiser et de "désigner des représentants" : "Je crois qu'ils sont en train de s'organiser mais au fond, la colère, ça ne s'organise pas vraiment, ça se crie dans la rue ou sur une route."

"La goutte d'essence qui fait déborder le réservoir." L'actuel président de la commission des finances de l'Assemblée nationale assure par ailleurs que Les Républicains avaient "prévenu le gouvernement dès septembre 2017", estimant que la hausse programmée des taxes sur le carburant seraient "la goutte d'essence qui fait déborder le réservoir". "Cela vient s'ajouter à plein de choses", comme par exemple "l'augmentation de la CSG".

Selon lui, les "gilets jaunes" ont donc "des raisons objectives d'être en colère" car nous sommes "dans une phase de croissance et le pouvoir d'achat d'un grand nombre de Français baisse". "Il faut réparer les dégâts du gouvernement depuis 18 mois !", clame-t-il.