Épidémie de grippe : "Le vaccin est moyennement efficace cette année", constate Agnès Buzyn

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Invitée d'Europe 1, la ministre de la Santé a estimé que cette année la vaccin contre la grippe était peu efficace face aux deux souches du virus en circulation.
INTERVIEW

L'épidémie de grippe a déjà fait plus de 1.000 morts en France. "1.100 en surmortalité par rapport à ce qui est attendu dans un mois normal", a précisé jeudi Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, au micro d'Audrey Crepso-Mara sur Europe 1. "Mais nous savons que chaque année la grippe tue 10.000 personnes", a-t-elle voulu rappeler.

Deux virus en circulation. S'il est encore trop tôt pour dire si, cette année, l'épidémie va être plus meurtrière que les précédentes, la ministre de la Santé reconnait que la vaccin est loin d'offrir une couverture totale. "Le vaccin est moyennement efficace cette année", constate-t-elle. "Il y a deux virus qui circulent - c'est de plus en plus le cas -, c'est pour ça que l'on a un vaccin qui essaye de couvrir différentes souches", explique-t-elle. "Sur le virus classique, la souche A, le vaccin couvre à peu près 50% des gens, sur l'autre virus la couverture est très médiocre, à 20%, ce qui peut expliquer les mauvais chiffres", détaille-t-elle. Et ce alors même que la France est "probablement au pic" de l'épidémie.

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Un pari sur l'avenir. "Chaque vaccin est un pari. On est obligé de parier sur les souches qui vont circuler six mois avant que le premier virus n'apparaisse dans le monde", poursuit Agnès Buzyn. "Le temps de fabriquer un vaccin, il faut plusieurs mois, et les industriels parient sur les mutations à venir". D'où l'efficacité variable de la vaccination d'une année à l'autre. "Parfois le pari est gagnant, de temps en temps moyennement gagné, parfois pas du tout."

Une vaccination de nouveau obligatoire chez les professionnels ? Alors que dans un centre de soins du Loiret l'épidémie aurait fait six morts, dont deux membres du personnel, Agnès Buzyn tient à rappeler que les personnes âgées, dont les défenses immunitaires sont déjà affaiblies, restent moins réceptives au vaccin. La ministre plaide donc pour une vaccination systématique chez les professionnels, de manière à limiter le plus possible les contaminations. "Aujourd'hui, j'ai demandé un effort particulier notamment aux ordres des médecins, des infirmiers, des kinésithérapeutes... pour qu'ils fassent une campagne pro-vaccin", explique-t-elle. "Si vraiment ça ne progresse pas, peut-être que nous en reviendront à une obligation", ajoute la ministre. Cette obligation, instaurée par le Code de la santé publique, avait été levée en 2006 par décret.

Europe 1
Par Romain David