Entre Gérard Collomb et Edouard Philippe, une passation "jamais vue" dans l'Histoire

, modifié à
  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :
L'image de la poignée de mains entre Edouard Philippe et le ministre de l'Intérieur démissionnaire Gérard Collomb, mercredi matin place Beauvau, est la preuve de la crise qui se joue dans la gouvernance. C'est en tout cas l'avis partagé par deux spécialistes politiques, sur Europe 1.
LE TOUR DE LA QUESTION

La démission de Gérard Collomb du ministère de l'Intérieur, mardi soir, a fait grand bruit au sein du gouvernement d'Emmanuel Macron. Pour 69% des internautes interrogés sur la page Facebook d'Europe 1 à 10h30, ce départ fracassant révèle même une crise majeure au sein du gouvernement. C'est aussi l'avis de Régis Lefebvre, consultant en communication politique. Chez Wendy Bouchard jeudi matin, il a analysé la photo de la glaciale passation de pouvoir entre Gérard Collomb et le Premier ministre Edouard Philippe, qui assurera l'intérim place Beauvau, le temps de trouver un successeur.

"Deux hommes qui ne se supportent plus". Pour Régis Lefebvre, on n'avait "jamais vu" une passation de pouvoir telle que celle-ci. Il cite d'abord "le ministre de l'Intérieur qui attend 15 minutes que le Premier ministre arrive", puis "l'allocution du Premier ministre", au cours de laquelle Edouard Philippe a inséré entre les lignes une "critique dure" contre son ministre. Sur le perron du ministère, les deux hommes se sont serrés la main en se regardant à peine, donnant lieu à une image éloquente. "Le regard entre les deux hommes qui ne se supportent plus, c'est l'iconographie de la crise" qui agite le gouvernement, estime le spécialiste en communication politique.

>> De 9h à 11h, c'est le tour de la question avec Wendy Bouchard. Retrouvez le replay de l'émission ici

"Les mots n'expliquent pas la photo". "Si c'est une péripétie (comme l'a jugé Emmanuel Macron mercredi soir, ndlr), elle va rentrer dans les annales de la vie politique. (…) Les mots n'expliquent pas la photo. Finalement, la communication, ce n'est que cela : mettre des mots sur des images pour qu'à la fin, chacun d'entre nous ait une explication satisfaisante. Aujourd'hui, je crois que l'on peut dire que nous n'avons pas d'explication satisfaisante à la crise que l'on vit, et c'est pour cela qu'elle perdure. Le discours ne fonctionne pas", a-t-il commenté.

"Une crise de gouvernance manifeste". Robert Namias aussi s'interroge sur cet étonnant spectacle qui nous a été donné à voir. Sur Twitter, il a réagi : "L'image de Collomb seul sur le perron du ministère de l'Intérieur attendant le Premier ministre est épouvantable. Comment Beauvau peut-il diffuser une telle image ?" 

Sur Europe 1, Robert Namias voit là "une crise de gouvernance manifeste, qui s'appuie sur une crise d'autorité." Il explique : "En un mois, à deux reprises, le président de la République et le Premier ministre ont été spectaculairement bafoués par la démission de deux ministres d'Etat : Nicolas Hulot qui ne prévient personne, et Gérard Collomb qui s'en va malgré l'avis d'Emmanuel Macron."

Un départ mal organisé, une communication ratée. Ce contexte précipité, et plus spécifiquement la photo de Gérard Collomb et d'Edouard Philippe sur le perron du ministère, alimentent évidemment les rumeurs sur la très mauvaise entente entre les deux hommes. "Comment se fait-il que deux hommes, même si c'est un amour déçu, un amour trahi, ne se donnent pas les quinze jours, trois semaines nécessaires pour savoir gérer et mettre en scène le départ de Collomb ?", questionne Régis Lefebvre. "C'est ceci qui nous manque, et c'est ceci qui fait que toutes les imaginations vont avoir libre court."

Europe 1
Par Anaïs Huet