La participation au second tour des élections municipales dimanche a été de 57,43%, restant, comme au premier tour, la plus faible de la Ve République, exception faite du scrutin de 2020 en pleine pandémie de Covid, selon l'analyse par l'AFP des données complètes du ministère de l'Intérieur.
Ce taux inclut le nombre de votants en Polynésie française, publié lundi à la mi-journée. Au premier tour, 57,17% des électeurs inscrits s'étaient rendus aux urnes, d'après l'analyse des données du ministère de l'Intérieur.
En 2020, le second tour, qui s'était exceptionnellement tenu trois mois après le premier pour cause de confinement, n'avait attiré dans l'isoloir que 41,86% des électeurs inscrits. En dehors de ce scrutin dans un contexte exceptionnel, jamais avant 2026, la participation à un second tour des municipales n'était descendue en dessous de 62,13%, taux enregistré en 2014.
La participation 2026 se situe 11 points sous la moyenne de participation à un second tour d'élections municipales du début de la Ve République en 1959 à 2020 (68,36%). Dans les villes de plus de 100.000 habitants, l'électorat s'est encore moins mobilisé qu'à l'échelle nationale avec un taux de participation de 56,50%.
Le département avec la plus forte participation au second tour est le Cantal avec 78,85%. Et c'est dans l'Aube que les électeurs se sont le moins déplacés (47,84%).
En déplacement en Hongrie, Marine Le Pen a estimé ce lundi que le RN avait "gagné plus de villes" qu'espéré. "Cela a été plutôt une bonne surprise", a-t-elle déclaré depuis Budapest, reconnaissant toutefois les défaites de Franck Allisio à Marseille et de Laure Lavalette à Toulon.
Le RN "multiplie par six ou par sept" son contingent d'édiles et s'apprête à envoyer "des milliers de conseillers municipaux" dans les mairies du pays, a affirmé Marine Le Pen ce dimanche.
Sébastien Lecornu a estimé lundi, au lendemain du second tour des élections municipales sans vainqueur bien identifié, que les "urnes n'avaient sacré personne" et que sa "méthode" du compromis restait de ce fait "constante".
Dans un courrier aux maires, le Premier ministre souligne que la "trop faible" participation à ce scrutin "nous oblige" et "impose une chose simple - agir concrètement, au plus près du terrain".
"Dans une campagne souvent dure, parfois marquée par des excès qui n'ont pas leur place dans notre vie démocratique, et alors même que le contexte international appelle à la lucidité et à l'unité, notre responsabilité est claire: ne céder ni aux fractures ni aux postures, mais rester fidèles à l'esprit de responsabilité qui fait tenir la République", développe-t-il.
"Les partis politiques représentés au Parlement", où le chef du gouvernement ne dispose pas de majorité "devront démontrer qu'ils savent dépasser les réflexes habituels et trouver les compromis nécessaires", souligne-t-il, en ajoutant que sa "méthode est constante: ni passage en force, ni immobilisme".
"Le gouvernement proposera, le Parlement débattra et votera, vous serez associés", complète-t-il, en reprenant l'anaphore qu'il avait utilisée dans sa déclaration de politique générale.
La défaite de certains candidats écologistes aux élections municipales n'est pas forcément le signe que les électeurs ne plébiscitent plus les thématiques liées à l'environnement, ont estimé lundi des associations de défense de l'environnement.
Plusieurs maires écologistes sortants ont été battus dimanche dans de grandes villes comme Bordeaux, Poitiers ou Strasbourg, lors du deuxième tour des municipales. Mais "on ne peut résumer ça en disant que cela signifie que les thématiques écologistes ne recueillent plus les suffrages des électeurs", a estimé auprès de l'AFP Sarah Fayolle, chargée de campagne au sein de Greenpeace France.
"La question de l'ambition écologique ne se résume pas aux seuls candidats du parti Les Ecologistes", souligne-t-elle. "Le résultat principal à retenir, c'est pas du tout celui de la formation politique écologiste, mais bien le fait que des villes et des candidats qui ont fait de l'écologie un marqueur fort ont remporté des victoires électorales", abonde Clara Sannicolo, responsable climat et territoires au sein du Réseau Action Climat (RAC), citant les villes de Paris, Lyon ou Marseille.
Même quand les maires sortants écologistes n'ont pas été reconduits, les candidats nouvellement élus reprennent des thèmes favorables à l'écologie, comme à Besançon où le nouveau maire LR a pris des engagements sur la végétalisation ou l'amélioration des dessertes en transport en commun, explique Clara Sannicolo.
"La transition écologique fait beaucoup plus consensus au sein des élus locaux", confrontés chaque jour aux conséquences du dérèglement climatique ou à la nécessité de s'adapter, et "y compris pour des élus non écolos, poursuivre cette transition, c'est une question de bon sens", ajoute-t-elle.
Globalement, "c'est une victoire pour l'écologie, perçue comme socle nécessaire de l'action politique de proximité", estime le RAC.
Invité ce lundi matin sur l'antenne de BFMTV, le premier secrétaire du parti socialiste Olivier Faure estime que "Jean-Luc Mélenchon est devenu le boulet de la gauche".
Invité ce lundi matin, le chef des députés socialistes Boris Vallaud a estimé que le PS "a manqué de clarté et de sincérité" lors des élections municipales. Il a également estimé que La France insoumise "nous a fait perdre".
Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à Paris, a été largement élu dimanche face à sa rivale de droite Rachida Dati. Enfourchant un Vélib, il s'est rendu à l'Hôtel de Ville où Anne Hidalgo lui a donné une chaleureuse accolade avant de lui remettre la clé de la ville.
Le successeur d'Anne Hidalgo, 48 ans, a totalisé 50,52% des suffrages, neuf points devant la candidate de la droite et du centre Rachida Dati, qui a échoué une deuxième fois à ravir la capitale à la gauche, aux commandes depuis 25 ans.
L'insoumise Sophia Chikirou est arrivée troisième, avec 7,96 des voix.
L'équilibre des forces politiques reste inchangé à Paris à l'issue du second tour des élections municipales, avec neuf arrondissements restant à gauche et huit demeurant à droite, selon les résultats complets publiés par la mairie dans la nuit de dimanche à lundi.
Trois nouveaux maires d'arrondissement ont été élus: l'écologiste David Belliard dans le XIe arrondissement, Lucie Castets (union de la gauche) dans le XIIe et Catherine Lécuyer (union de la droite et du centre) dans le VIIIe.
LFI a ravi dimanche à la gauche trois villes de la banlieue de Lyon: Vénissieux, dernier bastion communiste de cette métropole, Vaulx-en-Velin tenu par le PS depuis 12 ans, et Saint-Fons des mains d'une union PS-PCF-écologistes.
La victoire est très étriquée - de 25 voix - à Vénissieux pour le député insoumis Idir Boumertit, avec 34,11% des suffrages contre 33,90% pour la maire PCF sortante Michèle Picard, qui dirigeait depuis 2009 cette commune de 66.000 habitants.
À Vaulx-en-Velin, justement, LFI a revendiqué la victoire de son candidat et député Abdelkader Lahmar face à la maire socialiste sortante Hélène Geoffroy, dans une triangulaire comprenant une liste divers droite.
Maire depuis 2014 de cette ville populaire de 52.000 habitants, Hélène Geoffroy, ancienne ministre déléguée à la Ville sous François Hollande, avait mis fin à des décennies de mandatures communistes mais s'était positionnée ces derniers temps, au sein du PS, contre tout rapprochement avec LFI.
Enfin, à Saint-Fons, également une ville industrieuse à l'entrée de la vallée de la chimie juste au sud de Lyon, l'insoumis Hadi Mebarki a ravi la magistrature de cette commune de quelque 20.000 habitants au divers gauche Christian Duchêne soutenu par le PCF, le PS et les écologistes.
Mais à la faveur de l'invalidation par la préfecture de la plupart des bulletins de vote pour le sortant parce que la nationalité portugaise d'une de ses colistières n'avait pas été mentionnée sur sa liste.
Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, a été réélu de peu dimanche au second tour des municipales face à l'ex-patron de l'OL, Jean-Michel Aulas, qui a dénoncé des "irrégularités" et entend déposer un recours.
En revanche, les écologistes perdent la Métropole de Lyon, véritable siège du pouvoir local, où les listes de Véronique Sarselli, candidate LR et alliée de Jean-Michel Aulas, ont obtenu une majorité absolue d'élus.
A Lyon, Grégory Doucet, à la tête d'une coalition de gauche ayant fait alliance avec LFI dans l'entre-deux-tours, l'emporte avec 50,67% contre 49,33% à Jean-Michel Aulas, adoubé par la droite et le centre, soit moins de 3.000 voix d'avance, selon les résultats définitifs.
"Nous saurons être les défenseurs des politiques sociales et écologiques qui ont fait de ce territoire un territoire inspirant, prospère et solidaire", a déclaré Grégory Doucet, ancien humanitaire de 52 ans, à son QG dans la soirée, sous les acclamations de ses supporteurs.
Jean-Michel Aulas, qui a eu 77 ans ce dimanche, n'a pas reconnu sa défaite à ce stade. Évoquant des résultats très "serrés", et "un certain nombre d'irrégularités commises pendant le scrutin", sans autre précision, il a dit vouloir déposer un recours "dès que le dossier sera bien ficelé".
"Ce n'est pas une très bonne soirée pour LFI", selon le constitutionnaliste Benjamin Morel, parce qu'il y a "peu de villes où la majorité dépendra des Insoumis" au sein des conseils municipaux.
A Nantes, la maire socialiste sortante Johanna Rolland, qui avait fait alliance avec LFI, a été réélue mais elle "n'a pas besoin des Insoumis pour avoir une majorité". De même que les alliances avec LFI ont fait perdre des villes au PS "mais ils les auraient perdues quand même", selon lui.
Pour autant, complète François Kraus directeur du pôle politique de l'IFOP, LFI conforte sa "percée, essentiellement dans des banlieues populaires" comme Saint-Denis, Roubaix ou La Courneuve, conformément à la stratégie de Jean-Luc Mélenchon.
Marseille est "restée unie", a lancé ému son maire sortant Benoît Payan, confortablement élu avec sa liste de gauche hors LFI distançant le candidat Rassemblement national Franck Allisio, qui de son côté efface totalement la droite classique locale.
Selon des estimations d'Elabe-Berger Levrault pour BFMTV, Le Figaro et RMC, et de l'Ifop-Fiducial pour TF1, LCI et SudRadio, le sortant est crédité de 53,7% à 54% des voix, contre 40,5% à 41,1% au candidat RN et autour de 5% à la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal.
Le basculement à gauche de la deuxième ville de France, après 25 années de règne de la droite, avait constitué un choc des municipales de 2020.
"Les Marseillaises et les Marseillais viennent de nous donner une victoire nette, claire. Ils viennent d'adresser un message, un message de paix, de concorde et de rassemblement", a déclaré Benoît Payan, 48 ans, dans une première réaction.
Ce dimanche 22 mars, presque 20 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour le second tour des élections municipales. Plusieurs grandes villes restent de la même couleur politique, à l'image de Lyon, Marseille, Toulouse ou Paris. Le Rassemblement national échoue à conquérir la ville de Toulon tout comme la cité phocéenne.
La soirée fut difficile pour les Verts, qui perdent de nombreuses villes qu'ils avaient gagnées il y a six ans.