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Emmanuel Macron classe LFI à l'extrême gauche et y dénonce des «expressions antisémites»

[ludovic_marin_afp]

Emmanuel Macron a affirmé que La France insoumise relève de l’"extrême gauche" et que des "expressions antisémites" y émergent, lors d’un entretien accordé vendredi à Radio J et publié dimanche. Le chef de l’État a appelé à combattre ces dérives, tout en annonçant un projet de loi sur l’inéligibilité des élus auteurs d’actes antisémites.

Lors d’un entretien accordé vendredi midi à Radio J et publié dimanche, Emmanuel Macron a qualifié La France insoumise de mouvement d’"extrême gauche". Le président de la République a estimé que cette formation politique contrevenait, par certaines de ses positions, à des principes fondamentaux de la République, notamment en matière de lutte contre l’antisémitisme. Il a appelé à combattre ces expressions, tout en élargissant son propos à d’autres forces politiques.

 Antisémitisme et classification politique 

"Je crois qu'il n'y a pas tellement de mystère pour dire qu'ils sont à l'extrême gauche", a déclaré le chef de l’État, évoquant une classification récemment retenue par le ministère de l’Intérieur et contestée par LFI. "Je constate que dans les positions qu'ils prennent, en particulier sur l'antisémitisme, ils contreviennent à des principes fondamentaux de la République", a-t-il ajouté au cours de cet entretien avec la radio de la communauté juive. "Il y a clairement des expressions antisémites qui émergent, qui doivent être combattues, d'où qu'elles soient", a poursuivi Emmanuel Macron. Il a également indiqué qu’au sein du Rassemblement national, des parlementaires "de la même manière, ont des expressions, défendent des idées" contraires aux principes républicains, inscrivant ainsi ses propos dans une dénonciation plus large de l’antisémitisme sur l’échiquier politique. 

Un projet de loi et des rappels à l’État de droit 

Vendredi, lors de l’hommage rendu à Ilan Halimi, Emmanuel Macron a dénoncé "l'hydre antisémite" présente "dans chaque interstice" de la société. Il a plaidé pour une "peine d'inéligibilité obligatoire" visant les élus coupables "d'actes et propos antisémites, racistes et discriminatoires". "Le gouvernement va présenter un tel texte", a-t-il affirmé sur Radio J, se disant confiant dans son adoption avant 2027. Interrogé sur une plainte visant l’eurodéputée LFI Rima Hassan après un message sur X, le président a rappelé l’existence de "circulaires pénales" prises par le garde des Sceaux "pour lutter contre toutes les formes d'antisémitisme et tous les propos antisémites", indiquant qu’elles "seront appliquées". Il a en revanche refusé toute "stigmatisation" à propos de la chaîne Al Jazeera, tout en dénonçant des contenus qui "alimentent, exacerbent la haine des juifs". 

Mises en garde institutionnelles

 Réagissant enfin à des propos récents de Bruno Retailleau sur "les dérives de l'État de droit", Emmanuel Macron a mis en garde contre toute remise en cause excessive. "Il faut parfois changer des règles, donc l'état du droit, mais il faut faire très attention à l'État de droit parce qu'il nous garantit la possibilité de vivre libre et ensemble", a-t-il déclaré, insistant sur le respect des contre-pouvoirs. Le chef de l’État a dit ne pas avoir écouté les déclarations du candidat LR pour 2027, mais estimé que les difficultés actuelles pouvaient être traitées "en respectant les contre-pouvoirs". Pour répondre aux défis du pays, "il ne faut pas (...) mettre en l'air notre Constitution ou donner le sentiment aux Français que leurs problèmes viendraient de là", a-t-il conclu.