Dans un entretien accordé au Figaro, l'ancien Premier ministre et candidat à l'élection présidentielle de 2027, Édouard Philippe, dit prôner "une augmentation de 20% de la rémunération moyenne des enseignants" sur la durée d'un quinquennat.
Édouard Philippe prône, dans un entretien au Figaro, "une augmentation de 20% de la rémunération moyenne des enseignants" et préconise l'instauration d'une "amende de responsabilisation scolaire" pour les "parents d'enfants harceleurs, perturbateurs ou absentéistes et les parents violents".
La rémunération doit être portée "au moins au niveau de la moyenne européenne, notamment en milieu de carrière", estime le candidat Horizons à l'élection présidentielle, qui "envisage donc sur le quinquennat une augmentation de 20% de la rémunération moyenne des enseignants. C'est massif, mais c'est indispensable pour redonner de la dignité à leur métier".
L'ancien Premier ministre développe "trois grandes priorités"
"Avec près d'un million d'élèves en moins, nous avons les moyens de continuer à réduire les effectifs dans les classes là où c'est nécessaire et de mieux rémunérer les professeurs sans dégrader les finances publiques", précise le maire du Havre.
Édouard Philippe souhaite par ailleurs instaurer une "amende de responsabilisation scolaire, sur le modèle de ce qui existe au Royaume-Uni" pour les "parents d'enfants harceleurs, perturbateurs ou absentéistes et les parents violents": "le maire, sur proposition de l'équipe pédagogique, doit pouvoir sanctionner rapidement toute atteinte à la sérénité de l'école".
L'ancien Premier ministre développe "trois grandes priorités": "une école des savoirs fondamentaux, qui remet en son coeur le mérite et l'excellence; le retour de l'autorité, de la sécurité et de la sérénité; la dignité des professeurs". Avec "une méthode": une plus grande autonomie laissée aux établissements.
Une "approche par paliers" sur l'intelligence artificielle
"Ça veut dire pouvoir adapter l'organisation des classes, des rythmes scolaires et de la pédagogie en fonction des réalités locales". Et "les chefs d'établissements doivent avoir, beaucoup plus qu'aujourd'hui, le pouvoir de rajouter des heures d'enseignement lorsque c'est nécessaire", a-t-il dit.
Il souhaite notamment laisser "les établissements qui le pensent nécessaire anticiper d'une semaine ou deux la rentrée pour les élèves qui en ont besoin, et pour qui deux mois et demi de vacances, c'est trop". "Quant aux rythmes journalier et hebdomadaire, laissons une liberté beaucoup plus grande aux établissements", a-t-il plaidé.
Sur la formation des enseignants, Édouard Philippe entend créer "des 'écoles normales' plus exigeantes sur les savoirs fondamentaux". Il veut également "modifier la carrière des professeurs" et "leur permettre des évolutions, dans l'Éducation nationale ou en dehors". "Ou encore leur proposer d'autres façons d'enseigner" à partir d'un certain âge, par exemple en plus petits groupes.
Il prône une "approche par paliers" sur l'intelligence artificielle: "zéro IA avant le collège, puis une formation à son usage responsable et éclairé, et un soutien scolaire universel qui pourra intégrer un agent IA au lycée". "En revanche, nous devons tirer le maximum de l'IA pour aider les enseignants dans la préparation de leurs cours et la correction des devoirs."