EDITO – #SaccageParis, le mouvement de Twitter qui met à mal Anne Hidalgo

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Depuis quelques semaines, un mouvement prend de l'ampleur sur Twitter. Des habitants de la capitale, opposés à la politique d'Anne Hidalgo et de son équipe, postent des photos de trottoirs parisiens couverts de déchets. Certains critiquent également le mobilier urbain éco-responsable. Le chroniqueur politique d'Europe 1, Nicolas Beytout revient sur cette polémique qui enfle, à un an de l'élection présidentielle. 

Cartons, morceaux de plastiques et canettes de soda… Depuis un peu plus d’une semaine, des photos représentant les rues parisiennes jonchées de déchets polluent le réseau social Twitter. Le mouvement se nomme #Saccage Paris et il souhaite interpeller la maire de la capitale. Ces images jusqu’alors anecdotiques commencent à devenir un problème politique pour Anne Hidalgo, à un an de l'élection présidentielle.  

"Tout commence avec ce mouvement, lancé sur Twitter via le hashtag : #SaccageParis. Il recense les dégradations visibles dans les rues de la capitale. Ce qui semblait n’être à l’origine qu’un coup de colère de quelques habitants (avec sûrement pour certains d’entre eux une arrière-pensée politique), représente aujourd’hui des dizaines de milliers de tweets.

10% des effectifs de nettoyage immobilisés à cause du coronavirus

La mairie de Paris a d’abord regardé tout ça avec dédain, dénonçant une basse manœuvre de l’opposition. Puis, elle a fini par comprendre qu’elle ne pouvait pas rester silencieuse. Anne Hidalgo a donc envoyé au feu son bras droit, Emmanuel Grégoire, le rescapé du couac sur le confinement dur de trois semaines. Il a astucieusement rétréci le débat pour ne parler que de la propreté, ou plutôt de la saleté, des rues.

Pour sa défense, la Mairie invoque le manque de moyens (il faudrait augmenter les impôts et les amendes), mais aussi l’incivilité de certains habitants. Enfin, le coronavirus aurait également immobilisé 10% des effectifs de nettoyage, dans une ville où les fonctionnaires travaillent moins de 35 heures par semaine. Pas très convaincant, donc.

Du mobilier urbain en mauvais état et laid

Mais surtout, #Saccage Paris soulève plusieurs autres sujets : le manque d’entretien des équipements publics à peine rafistolés et la laideur des aménagements et des mobiliers urbains. Il est vrai que transformer un parvis d’église en verger façon ZAD avec un amoncellement de palettes n’est pas très qualitatif. De même que les uri-trottoirs et les pompes à urine, installés ici et là pour faire du compost, sont d’une esthétique incertaine.

Enfin, dans une ville pluri-centenaire, que des grands anciens ont embellie et aménagée avec soin, voir des plots jaunes ou des blocs de béton taillader les rues pour en faire des pistes de vélo plus ou moins définitives, est un peu étrange. Même l’avenue de l’Opéra, la seule à Paris à n’avoir aucun arbre sur demande expresse de l’architecte du Palais Garnier, est défigurée.

Une polémique pas seulement parisienne

Et à un an de la présidentielle, cette polémique n'est pas uniquement parisienne. D’autant plus qu’Anne Hidalgo ne fait pas mystère de ses intentions. Voir grossir le passif d’une mauvaise gestion des incivilités, de l’insécurité, et du patrimoine de la capitale est un problème. Et il dépasse le seul territoire situé à l’intérieur du périphérique parisien."

Europe 1
Par Nicolas Beytout, édité par Manon Bernard