ÉDITO - Castaner, un bon bilan à l'Intérieur ? "Pas sûr", estime Jean-Michel Aphatie

  • A
  • A
Jean-Michel Aphatie sur Europe 1 2:49
Pour Jean-Michel Aphatie, les dysfonctionnements évoqués par Matignon après l'acte 18 des "gilets jaunes" sont réels. © Europe 1
Partagez sur :
Pour notre éditorialiste Jean-Michel Aphatie, le limogeage de Michel Delpuech après le violent acte 18 des "gilets jaunes" ne masque pas les carences dans la gestion du ministère de l'Intérieur de Christophe Castaner.
EDITO

Mercredi matin, le préfet de police Michel Delpuech est officiellement remplacé par Didier Lallement. Un changement annoncé lundi par Édouard Philippe, après les violences survenues samedi à Paris, lors de l'acte 18 des "gilets jaunes". Le bilan de Christophe Castaner place Beauvau souffre d'une mauvaise communication entre les différentes pièces de la maison police, analyse quant à lui notre éditorialiste Jean-Michel Aphatie.

"Le limogeage de Michel Delpuech est mille fois justifié. Ce n'est pas moi qui le dit, il faut écouter Christophe Castaner, qui donnait une interview mardi matin sur France Inter. Là, on se dit vraiment que Michel Delpuech est nul. D'abord, Christophe Castaner a commencé par expliquer que le préfet de police n'avait pas appliqué les consignes pour l'utilisation des forces de l'ordre, donc il a été limogé.

>> De 7h à 9h, c’est deux heures d’info avec Nikos Aliagas sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

Mais surtout, Christophe Castaner a raconté deux histoires à propos des LBD, les lanceurs de balles de défense. Ce sont deux histoires sidérantes. On savait déjà que les policiers qui avaient des LBD avaient été dotés de munitions courtes, moins efficaces que les munitions traditionnelles. Le jour où on attendait beaucoup de casse, doter les policiers de munitions moins performantes est quand même curieux. Christophe Castaner a expliqué mardi que c'était un membre de l'état-major de la préfecture de police qui en avait décidé ainsi avant la manifestation de samedi. Et le préfet de police n'était pas au courant. Quand on entend ça, on se dit qu'il n'est pas très bon.

D'où viennent les consignes restrictives ?

Christophe Castaner a raconté une deuxième anecdote. Il dit : 'dimanche matin, j'étais sur le terrain et je croise un policier qui me prend à part et me dit que c'est dommage d'avoir donné des consignes restrictives pour l'utilisation des LBD samedi. Je suis très étonné', dit Christophe Castaner, 'parce que moi je n'ai donné aucune consigne de ce type'.

Christophe Castaner raconte avoir enquêté dimanche après la manifestation et avoir découvert qu'il y avait une consigne à la préfecture de police d'utilisation restrictive des LBD, et que Michel Delpuech n'était pas au courant. Effectivement, si le préfet de police ne sait pas ce qui se passe, il vaut mieux en changer.

Entendu sur europe1 :
Le cabinet du ministre et la préfecture de police ne se parlent-ils pas ?

Mais Christophe Castaner n'en savait rien non plus. Qui est le patron de l'administration ? C'est Christophe Castaner, et il fait l'aveu qu'il ne sait rien de ce qui se passe à la préfecture de police. Il y a deux décisions crétines qui sont prises avant la manifestation et personne n'alerte le cabinet du ministre de l'Intérieur ? Le ministre de l'Intérieur n'a-t-il aucun correspondant la préfecture de police ? Le cabinet du ministre et la préfecture de police ne se parlent-ils pas ? On se rend compte, quand on écoute Christophe Castaner, que peut-être parmi toutes les administrations françaises, celle de l'Intérieur est peut-être la plus mal gérée. Dans la période actuelle, c'est quand même un problème.

Quel est le bilan des courses samedi ? Le préfet de police est remplacé et Christophe Castaner reste ministre de l'Intérieur. On peut se poser la question ce matin de savoir si c'est un bon bilan ou pas. Personnellement, je n'en suis pas sûr."

Europe 1
Par Jean-Michel Aphatie