Didier Lallement, futur préfet de police de Paris, un homme "solide", réputé pour sa fermeté face aux "gilets jaunes"

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Didier Lallement a passé quinze mois comme préfet de la région Nouvelle Aquitaine.
Didier Lallement a passé quinze mois comme préfet de la région Nouvelle Aquitaine. © GEORGES GOBET / AFP
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Préfet de la région Nouvelle-Aquitaine, Didier Lallement va remplacer Michel Delpuech à la tête de la préfecture de police de Paris.
PORTRAIT

Le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé lundi le remplacement du préfet de police de Paris, Michel Delpuech, fragilisé depuis l'affaire Benalla et la multiplication des violences en marge des manifestations des "gilets jaunes". Pour le remplacer, l'exécutif mise désormais sur un homme réputé pour sa fermeté : Didier Lallement, jusqu'alors préfet de la région Nouvelle Aquitaine.

Un passionné d'environnement. "Sang-froid", "solide", ce sont les mots qui collent à ce préfet de 62 ans qui laissera à Bordeaux le souvenir d'un homme à poigne, inflexible et très sûr de lui. Arrivé dans la capitale girondine il y a quinze mois, ce haut fonctionnaire, passionné de questions d'environnement, a régulièrement imposé aux maires du littoral qui voulaient étendre l'urbanisation de revoir leur copie.

Fermeté face aux "gilets jaunes". Et puis, il y a eu l'enchaînement des samedis, voyant Bordeaux se transformer en bastion des "gilets jaunes" avec multiples heurts à la clef. Lors de ses vœux début 2019, Didier Lallement avait lancé : "L'insurrection n'a jamais été et ne sera jamais une garantie démocratique". Cette fermeté n'a jamais été démentie de la part d'un préfet qui, à la veille de chaque manifestation, s'intéressait de près à la disposition des unités de policiers et de gendarmes mobilisées, se penchait avec attention sur les plans, se faisait expliquer dans le détail la stratégie de maintien d'ordre proposée.

Le 2 mars, un vif échange de tweets l'avait notamment opposé au député de La France insoumise Loïc Prud'homme. L'élu ayant accusé la police de l'avoir matraqué en marge de la manifestation des "gilets jaunes", Didier Lallement avait rétorqué : les forces de l'ordre "ont correctement fait leur travail" lors d'une "manifestation non déclarée, sur un axe interdit par arrêté préfectoral et après sommations". "Je les soutiens totalement", avait-il écrit.

La confiance du président. Au début du mois de mars, Didier Lallement a pu s'entretenir personnellement avec le président de la République durant son déplacement de deux jours en Gironde. L'occasion pour ce haut fonctionnaire de tisser des liens de proximité et une relation de confiance avec le chef de l'État, relation confirmée à présent par cette nomination à la tête de la prestigieuse préfecture de police de la ville de Paris.

Europe 1
Par Stéphane Place, édité par Romain David avec AFP