Dîners fastueux à l'Assemblée : à EELV, "François de Rugy était austère, sobre, très loin de ça"

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Pour le député européen et secrétaire national d'EELV David Cormand, François de Rugy était plutôt "sobre" et "austère" lorsqu'il était membre du parti écologiste.
INTERVIEW

François de Rugy reste en poste. Jeudi soir, après un entretien avec son ministre de la Transition écologique et solidaire, Édouard Philippe a décidé de maintenir sa confiance dans l'ancien président de l'Assemblée nationale, épinglé entre autres pour des dîners fastueux organisés avec des deniers publics, entre 2017 et 2018. 

De Rugy, "austère" et "sobre" ?

Invité de Matthieu Belliard sur Europe 1, le député européen et secrétaire national EELV David Cormand est revenu sur cette affaire et le comportement récent de l'ancien député EELV, visiblement bien différent d'il y a quelques années. "On travaillait ensemble il y a plus de cinq ans chez Les Verts", se souvient David Cormand. "C'était pas le genre de la maison. François, c'est quelqu'un qui était plutôt austère, sobre, pas spécialement un amateur de vins. Il était très loin de ça."

L'eurodéputé écologistes identifie "deux grands perdants" dans cette affaire : "L'image de la démocratie et celle de l'écologie". "Quoi qu'il arrive, on a désormais un ministre de l'Écologie affaibli politiquement", déplore-t-il. "Ces images heurtent à juste titre nos concitoyens, à un moment de crise sociale. Ça donne l'impression que nos représentants bénéficient de leur situation alors même qu'il y a des mouvements sociaux importants dans notre pays. C'est une symbolique qui fait du mal."

À LREM, "ils se sentent tout permis"

"Il y a des urgences extrêmement importantes en matière d'écologie. Il y a encore beaucoup de choses à faire", poursuit David Cormand. "Avec un ministre de l'Écologie qui aura du mal à peser sur des arbitrages par rapport à ses collègues, ça rajoute un handicap supplémentaire. Sur le fond, l'écologie devrait être la priorité absolue du gouvernement. On arrive à une situation où le ministre de l'Écologie est mis en cause pour des enjeux qui sont très loin de l'écologie."

" Plus qu'un cas isolé, David Cormand y voit un ensemble de signaux négatifs propres au pouvoir actuel : "Il y a quelque chose de particulier avec La République en marche au pouvoir : il y a plusieurs éléments qui finissent par faire système", critique-t-il. "

"On a l'impression que parfois, ils se sentent tout permis", renchérit David Cormand. "C'est l'affaire Benalla, c'est l'affaire autour de l'actuel président de l'Assemblée nationale dont le cabinet a rédigé des notes à enjeux politiques péjoratifs, ce qui n'est pas le rôle de la présidence de l'Assemblée nationale. Il y a quelque chose qui m'inquiète dans un moment de crise démocratique et de crise politique. Que le pouvoir soit aussi sourd et aveugle aux souffrances que ressentent beaucoup de nos concitoyens, ça m'inquiète très fortement par rapport à la santé de notre République", conclut-il.

Europe 1
Par Thibaud Le Meneec