Reçues lundi 26 octobre par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, les organisations lycéennes ont obtenu une série de mesures en réponse à leurs revendications. Des promesses insuffisantes, estiment-elles : la mobilisation va se poursuivre.
Les organisations lycéennes, Les Lycéens! et Renouveau lycéen, ont appelé lundi à poursuivre la mobilisation après leur entrevue avec Sébastien Lecornu, alors que certaines mesures commençaient à filtrer, notamment le remplacement progressif de Parcoursup et la création de places supplémentaires dans l'enseignement supérieur.
"On a quand même eu des annonces qui allaient dans notre sens", s'est félicité Nathanaël Combary, de Renouveau lycéen à la sortie de la réunion avec le Premier ministre, tout en appelant à "continuer la mobilisation", le 31 octobre puis le 5 novembre, le temps "d'avoir des retours très concrets du terrain".
De fausses promesses ?
Vice-président de Les Lycéens!, Louis Létoublon a également appelé à aller "au bout" et à se mobiliser de nouveau samedi prochain et le 5 novembre, journée d'appel intersyndical à la grève. "Le gouvernement a peur, le gouvernement a montré qu'il était clairement désorienté par tout ce qui se passait. Et cette peur-là, elle va nous permettre (...) de s'engouffrer dans une brèche pour en tirer un maximum de choses pour défendre les droits des lycéennes et des lycéens".
Le Premier ministre a reçu tout l'après-midi, avec les ministres de l'Éducation nationale Édouard Geffray et de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste, les organisations lycéennes puis étudiantes, successivement, espérant clore ainsi cinq semaines de crise entamées par des blocages d'établissements.
Les deux ministres doivent tenir une conférence de presse vers 19h00 pour détailler les mesures annoncées, dont la plupart ont auparavant été éventées. "Nous avons obtenu des miettes par rapport à ce que nous demandons", a pour sa part dénoncé Clément Vieillot du mouvement Cachan 94, en banlieue parisienne, critiquant un gouvernement qui "sait qu'il ne peut pas appliquer ce qu'il va dire", vu qu'ils "partent dans six mois".
Quelles sont les annonces du gouvernement ?
La première mesure, la plus symbolique, concerne Parcoursup. La plateforme sera réformée dès 2027. Dorénavant, les universités doivent justifier le refus d'une candidature. Parcoursup sera ensuite remplacé en 2028 par un nouveau système encore inconnu.
Dans l'enseignement supérieur, 15.000 places vont être créées et les bourses étudiantes suivront l'inflation. Concernant les bâtiments, l'État prévoit 4 milliards d'euros de prêts aux régions pour rénover les écoles, collèges et lycées et 1 milliard pour les universités.
Sur les effectifs, les classes de seconde ne dépasseront pas les 28 élèves dès la rentrée 2027, grâce au recrutement de 500 professeurs. Enfin, marche arrière sur la réforme du bac : moins d'options possibles pour alléger les emplois du temps, des annonces jugées insuffisantes par les organisations lycéennes qui réclament 10 milliards d'euros.