Face aux nouveaux appels à manifester, Laurent Nuñez annonce une forte mobilisation des forces de l'ordre. Mais les effectifs spécialisés, déjà éprouvés par le week-end, ne sont pas inépuisables, et le calendrier des prochaines semaines s'annonce chargé.
Après un week-end de mobilisation mieux maîtrisé grâce à 70.000 policiers et gendarmes déployés, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé une nouvelle mobilisation importante des forces de l'ordre pour faire face à d'éventuelles violences.
De nouveaux appels à manifester ont déjà été lancés pour samedi prochain, avant la rentrée et la grève générale annoncée pour le 5 novembre.
Des effectifs spécialisés limités
La place Beauvau ne pourra pas, pour autant, aligner indéfiniment un tel dispositif, tout simplement parce que les ressources sont limitées. Les forces mobiles, ces policiers et gendarmes spécialistes du maintien de l'ordre que tous les préfets s'arrachent, comptent 26.000 personnels spécialisés en France, soit environ 60 compagnies de CRS et 120 escadrons de gendarmes mobiles.
Toutes ces unités ne sont toutefois pas disponibles. La CRS 1 est réservée à la protection du chef de l'État. Cinq autres compagnies, comme la CRS 8, sont dédiées exclusivement aux violences urbaines. Une vingtaine d'escadrons, soit 1.500 hommes, sont par ailleurs engagés en outre-mer.
Blessés, congés, formations
À cela s'ajoutent les blessés, avec 267 policiers et gendarmes de nouveau touchés samedi, ainsi que les congés des fonctionnaires et leurs jours obligatoires de formation. Les ressources humaines peuvent toujours rappeler des effectifs à la dernière minute.
En clair, la place Beauvau pourra aligner un dispositif important samedi, la semaine prochaine aussi, et sans doute encore la suivante. Mais si cette mobilisation devait se prolonger jusqu'à la présidentielle, un tel calendrier poserait un réel problème de régénération des forces.