"Nous ne sommes pas assez bons", lance Darmanin dans les locaux du syndicat policier Alliance

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Police 1:10
Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, s'est rendu dans les locaux du syndicat de police Alliance. © AFP
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Alors que le syndicat de police Alliance tenait un congrès annuel en visioconférence mercredi, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin s'est rendu physiquement dans les locaux pour recueillir les doléances des forces de l'ordre. Et il a répondu fermement aux doléances des policiers, comme Europe 1 a pu le constater.
TÉMOIGNAGE

Une rencontre rare. Alors que le syndicat de police Alliance a tenu mercredi son congrès annuel par visioconférence, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, s'est rendu physiquement dans les locaux de l'organisation. Sur place, il a pu entendre directement les doléances exprimées par les policiers : gratuité des transports, vaccination prioritaire pour les forces de l'ordre mais aussi une plus grande fermeté de la part de la justice. Europe 1 était sur place pour recueillir les réactions de part et d'autre.

"On lui a dit de manière très courtoise, mais directe, qu'on l'attendait au tournant, qu'on souhaitait des avancées et des mesures concrètes, comme lui n'arrête pas de nous dire à longueur de temps", explique le secrétaire général d'Alliance, Fabien Vanhemelrycke. Parmi les revendications principales : une meilleure réponse pénale est attendue par les policiers. "Qu'une certaine partie de la justice fasse son travail", commente le syndicaliste. "Et sanctionne les délinquants, notamment les agresseurs de policiers."

"On n'est pas assez bon pour avoir des preuves"

"Je n'opposerai jamais la police et la justice, et je l'ai dit aux policiers", a répondu Gérald Darmanin, au micro d'Europe 1. "Parmi les difficultés qu'il y a dans la réponse pénale, il y a aussi le fait que nous ne sommes pas assez bon", indique le ministre de tutelle. "On n'est pas assez bon pour avoir des preuves, parce qu'il n'y a pas assez de caméras de vidéoprotection, par exemple, ou parce qu'ils n'ont pas assez de moyens et d'effectifs."

"Et puis, il faut aussi qu'on fasse un effort pour être un meilleur endroit", indique le ministre de l'Intérieur. "Pour pouvoir donner et transmettre à la justice les meilleures enquêtes possibles."

En février dernier, le "Beauvau de la sécurité", grand débat sur la police annoncé par Emmanuel Macron, a été lancé pour une durée prévue de quatre mois. Cette série de tables rondes entre les forces de l'ordre et l'exécutif a pour objectif d'aboutir à un large plan de réforme de la profession. Gérald Darmanin avait par ailleurs promis des "propositions fortes" à l'issue de ces discussions.  

Europe 1
Par Guillaume Biet, avec AFP, édité par Mathilde Durand