Après une navette avec le Sénat, les députés reprennent la main sur le texte sur la fin de vie. L’euthanasie et ses conditions d’accès seront au cœur des débats.
Avec le rejet du Sénat, la proposition de loi relative au "droit à l'aide à mourir" revient, en deuxième lecture, à l'Assemblée nationale en commission des affaires sociales, ce mercredi 4 février. Le texte passera ensuite dans l'hémicycle à partir de la semaine du 16 février.
Les élus, divisés sur le sujet vont tenter de modifier à nouveau le texte, en particulier ceux qui considèrent qu'il ne contient pas assez de verrous.
"Il ne faut pas qu'il y ai de doute"
Sauver ce qui est sauvable, c'est l'état d'esprit des députés qui s'attaquent à verrouiller au maximum toute possibilité d'accès à l'euthanasie. Un geste létal qui ne sera jamais un soin, rappelle Philippe Juvin, député LR et médecin. Il alerte sur la méfiance à venir entre patients et personnel de santé.
"Il ne faut pas qu'il y ai de doute. Moi, ce que je demande aux textes, c'est qu'ils mettent en place les conditions qui permettent aux gens d'être accompagnés à la fin de leur vie. En France, il y a une personne sur deux qui meurt en ayant besoin de soins palliatifs qui n'a pas accès aux soins de palliatif. Donnons aux Français des soins palliatifs, puis après on verra", souligne-t-il.
Un cadre plus strict
Le député réclame notamment l'instauration d'une clause de conscience pour les établissements et les pharmaciens.
Autre mesure souhaitée par la majorité du Rassemblement national pour cette deuxième lecture : la suppression du délit d'entrave qui permet de condamner une personne tentant de dissuader un proche d'avoir recours à une euthanasie.
La création d'un délit "d'incitation" pour empêcher toute influence extérieure lors du choix ou non de réclamer la mort, est une autre mesure également exigée. Mais la bascule reste la création du droit à mourir. Une fois accepté, "tous les verrous sauteront", soupire un député plus radical.