Déclaration de politique générale de Bayrou : de quoi s'agit-il et comment va-t-elle se dérouler ?

Un mois après sa nomination à Matignon, le Premier ministre François Bayrou va prononcer sa déclaration de politique générale à l'Assemblée nationale ce mardi à 15 heures. De quoi s'agit-il, et comment cela va-t-il se dérouler ? Europe 1 fait le point.
François Bayrou s'apprête à prononcer une déclaration de politique générale qui sera autant scrutée et commentée que celle de son prédécesseur Michel Barnier. Nommé il y a un mois à Matignon, celui qui a conservé sa fonction de maire de Pau se pliera à l'exercice ce mardi à 15 heures, à l'Assemblée nationale, dans un hémicycle historiquement divisé politiquement.
Pas de vote de confiance pour François Bayrou
Au cours de cette prise de parole devant les députés, le Premier ministre présentera aux élus les grandes orientations de son programme de gouvernement ainsi que les mesures et les réformes qu'il envisage. Il s'agit d'une tradition républicaine, non inscrite dans la Constitution.
À l'issue, François Bayrou peut toutefois décider d'engager la responsabilité de son gouvernement par un vote de confiance sur sa déclaration de politique générale, comme le prévoit l'article 49 de la Constitution. Cela peut lui permettre de s'assurer le soutien de l'Assemblée, mais cela peut également se révéler dangereux s'il ne dispose pas d'une majorité absolue. En cas de vote contre, le locataire de Matignon devrait déjà faire ses valises.
Pour éviter tout risque de censure, François Bayrou avait annoncé le soir de la révélation de son équipe gouvernementale, le 23 décembre dernier, qu'il ne solliciterait pas de vote de confiance. D'ailleurs, ses prédécesseurs Élisabeth Borne, Gabriel Attal et Michel Barnier, privés comme lui de majorité absolue, ne l'avaient pas fait non plus.
De possibles motions de censure dès ce mardi
Malgré tout, même sans vote, les oppositions peuvent se faire entendre en ce jour particulier. Après la déclaration de politique générale de François Bayrou, un député par groupe parlementaire se succédera au perchoir pour "répondre" au discours du chef du gouvernement, au nom des élus de son groupe.
Les groupes d'opposition ont aussi la possibilité de déposer une motion de censure pour tenter de renverser le gouvernement. C'est ce qu'avait fait La France insoumise, dès le 1er octobre, lorsque Michel Barnier avait conclu sa prise de parole. Une motion largement rejetée à l'époque par l'hémicycle. Le groupe LFI devrait de nouveau en déposer une ce mardi.
Sous les mandats d'Emmanuel Macron, Jean Castex a été le dernier à avoir engagé la confiance de son gouvernement sur sa déclaration de politique générale. Le camp présidentiel disposait alors d'une majorité absolue à l'Assemblée nationale.