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Chômage : le pari du plein-emploi d'Emmanuel Macron s’éloigne à un an de la fin du quinquennat

[Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Le taux de chômage a atteint 8,1% au premier trimestre, son plus haut niveau depuis cinq ans, effaçant une partie des progrès enregistrés sous Emmanuel Macron. Alors que l'exécutif invoque le ralentissement économique et les crises internationales, oppositions et majorité pointent les limites d'un objectif de plein-emploi devenu désormais hors d'atteinte.

Emmanuel Macron avait fait du plein-emploi un objectif de son double mandat. Mais après avoir baissé pendant plusieurs années, le taux de chômage a dépassé ce mercredi 13 mai le seuil symbolique des 8,1% au premier trimestre, son plus haut niveau sur les cinq dernières années. L'une des réussites jusqu'ici d'Emmanuel Macron est en train de s'effacer, à l'aube de sa dernière année à l'Élysée.

La promesse du plein-emploi fragilisée

Contrairement à François Hollande, l'actuel président avait lui réussi à inverser la courbe du chômage jusqu’en 2024. "On n'avait jamais, à un tel rythme, baissé notre chômage. On est passé de 9,6% à 7,4%. Pour la première fois depuis 40 ans, si nous continuons cet effort, on peut aller vers le plein-emploi", se targuait-il.

Un objectif de plein-emploi devenu aujourd'hui inatteignable. La faute est à une croissance trop faible et aux crises internationales selon le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou. Mais l’argument est perçu par les oppositions comme un prétexte. Le maire de Cannes David Lisnard voit plutôt la conséquence d’un excès de charges et de fiscalité sur les entreprises quand la députée RN Julie Lechanteux estime qu’Emmanuel Macron s’apprête à laisser une France "paupérisée et précarisée".

Même le bloc central ne cache pas son malaise. Un député Renaissance regrette ainsi "l'effet dévastateur de la dissolution", qui aura conduit selon lui "à trois ans d'immobilisme". Politiquement, ce qui était l'un des totems d'Emmanuel Macron, à savoir la baisse du taux de chômage, pourrait désormais prendre la forme d'une demi-réussite voire d'un échec du chef de l'État, et ce, même si le nombre de personnes inscrites à France Travail reste bien inférieur à son niveau de 2017.