Jadot : "Ce gouvernement va-t-il, à un moment, avoir le courage d’agir contre le lobby des pesticides ?"

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L’eurodéputé écologique Yannick Jadot s’élève avec force contre la proposition du gouvernement de fixer à 5 ou 10 mètres - seulement - la distance minimale entre les habitations et les zones d'épandage.
INTERVIEW

"C’est une proposition totalement dingue". Yannick jadot n’a pas de mots assez durs pour fustiger la proposition du ministère de l’Agriculture de fixer à 5 ou 10 mètres la distance minimale entre les habitations et les zones d'épandage de pesticides, quand les écologistes penchent pour 150 mètres. "Ce qu’ils font, c’est de vouloir mettre dans la loi ce qu’il y a sur le bidon des pesticides : 5 à 10 mètres", fustige l’eurodéputé, invité lundi d’Europe 1. "Quand, dans ce ministère même, en 2016, on envoyait des notes au préfet en disant quand on des populations sensibles comme les enfants, il faut au moins 50 mètres sur le l’arboriculture".

"Quelle crédibilité du président de la République ?"

"Est-ce qu’à un moment donné ce gouvernement va avoir le courage d’agir contre le lobby des pesticides. Il a refusé l’interdiction du glyphosate, il n’arrive pas à agir", s’emporte encore Yannick Jadot. "On a l’impression que c’est l’industrie des pesticides qui définit la politique du gouvernement. Et puis quelle crédibilité du président de la République, quand en vidéo il dit je soutiens moralement les maires qui posent ces arrêtés, et on va avoir un chemin pour éviter l’épandage".

La colère de Yannick Jadot se concentre surtout sur Didier Guillaume. "Quand j’ai entendu le ministre de l’Agriculture nous expliquer  qu’avoir l’agriculture biologique près des habitations, c’est l’artificialisation des sols, c’est qu’il confond l’agriculture biologique et le béton", a alerté l’eurodéputé, en référence à l’interview donnée samedi par Didier Guillaume sur Europe 1. "Nous expliquer qu’en fait quand c’est bio, quand on respecte la nature, c’est la mort, et que les pesticides, c’est la vie, qu’on allait affamer les Français… Même il y a 20 ans Monsanto n’osait pas dire de telles sottises."