Après les condamnations pénales des pilleurs à Marseille, Gérald Darmanin veut aller plus loin et obtenir le remboursement des préjudices subis par les commerçants. Mais si le principe du "casseur-payeur" séduit les représentants des commerçants, son application immédiate soulève des doutes, faute de cadre légal.
Il espère un second round. Après les premières condamnations prononcées au pénal, le garde des Sceaux souhaite faire comparaître une seconde fois les pilleurs afin qu'ils soient condamnés à indemniser les commerçants. "Ils vont être reconvoqués dans plusieurs jours, plusieurs semaines, le temps que les commerçants puissent chiffrer le préjudice qu'ils ont subi. Donc il y aura ensuite une deuxième audience où on va faire condamner les personnes, je l'espère, à rembourser le préjudice aux commerçants", espère Gérald Darmanin.
Certains commerçants doutent
Le principe du "casseur-payeur" doit être incontournable. "Si chaque casseur qu'on attrape, on lui fait payer 10.000 euros, 10.000 euros sur cinq ans, c'est 166 euros par mois. Les petits, peut-être qu'ils raisonneront différemment. Donc qui casse, paie", plaide Alain Gargani, président de l'Union patronale des entrepreneurs des Bouches-du-Rhône.
Sur le papier, Nicole Verspieren, présidente de l'association des commerçants, valide le principe, mais doute de sa mise en œuvre immédiate : "Ça ne peut pas s'appliquer à cette fois-ci. Il n'y a pas de texte de loi sur lequel s'appuyer. Que cette mesure soit applicable et votée pour les prochaines fois, bien sûr. Mais aujourd'hui, c'est utopique."
La proposition de loi instaurant le principe du "casseur-payeur" doit être examinée en séance au Sénat mardi prochain.