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Canicule : «La France est incapable de préparer les crises politiques», tacle Sébastien Ligner

Sébastien Ligner, chef du service politique à Valeurs actuelles. [Europe 1]

Face à la canicule historique qui frappe la France, le gouvernement a validé une commande de 30.000 climatisateurs pour les hôpitaux. Une réponse jugée tardive par Sébastien Ligner, qui dénonce un manque d'anticipation de l'État face aux crises sanitaires.

Un manque d'anticipation ? Le Premier ministre Sébastien Lecornu a "validé", sur proposition de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, une commande de "30.000 climatisateurs pour les hôpitaux", a fait savoir Matignon vendredi, alors que la France est confrontée depuis plusieurs jours à une canicule d'une ampleur exceptionnelle.

Cette annonce fait partie du plan dévoilé la veille par le Premier ministre dans un courrier adressé aux maires, a précisé Matignon. Il avait notamment fait mention d'une enveloppe de 100 millions d'euros pour "faire face aux besoins urgents de rafraîchissement" dans les établissements de santé les plus exposés à la chaleur.

Mais pour Sébastien Ligner, chef du service politique à Valeurs actuelles et chroniqueur de l'émission Eliot Deval et vous, "la France est incapable de préparer les crises, on réagit toujours dans l'urgence".

"Où sont passés ces 36 milliards d'euros ?"

"Souvenez-vous de la canicule de 2003 et de la réponse politique. À l'époque, il y avait eu quand même la ministre de la Santé qui avait dû démissionner l'année d'après. Et surtout, on nous avait expliqué : 'Plus jamais ça, on a compris la question du réchauffement climatique, ne vous inquiétez pas, ce sera plus jamais comme avant'", rappelle le chroniqueur.

Mais concrètement, que s'est-il passé depuis ? "On a instauré la journée de solidarité, qui a rapporté depuis environ 36 milliards d'euros, notamment pour aider les EHPAD et les hôpitaux à se préparer aux futures canicules", s'interroge Sébastien Ligner.

Pour lui, "quand on voit l'état des EHPAD, l'état de la plupart des hôpitaux publics de ce pays, on se demande si ces 36 milliards d'euros ont vraiment été investis dans l'hôpital public et les services de soins français".

"C'est le tiers-monde"

Le chef du service politique à Valeurs actuelles estime qu'il s'est passé la même chose lors du Covid. "On nous avait ressorti les mêmes arguments qu'en 2003. Et on constate depuis la fin de la crise sanitaire que le nombre de lits dans l'hôpital public a baissé, qu'il n'y a pas plus de soignants et que les conditions ne se sont pas améliorées", souligne-t-il.

"C'est le tiers-monde, on est obligé de commander et on s'en félicite en plus. On commande 30.000 climatiseurs et on est content", déplore Sébastien Ligner pour conclure.