Le gouvernement écarte pour l’instant un recours au 49.3 sur le budget 2026 et insiste sur la nécessité d’un compromis de fond avec le PS et LR. Emmanuel Macron se dit "neutre" sur les outils constitutionnels mais veut un budget adopté rapidement, sans fragiliser l’exécutif.
Après la reprise des débats parlementaires sur le budget, l'exécutif espère toujours une adoption d'ici la fin du mois. Et pour cela, Emmanuel Macron met la pression sur le Parlement.
Emmanuel Macron veut aller vite et disposer d'un budget en janvier. C'est la ligne défendue à l'Elysée. "Ce budget est attendu par les Français" insiste un conseiller, et attendu aussi par les marchés et nos partenaires étrangers.
Le 49.3 pas à l’ordre du jour
Le recours à l’article 49.3 pour faire adopter le budget 2026 sans vote "n’a pas été évoqué" mercredi 14 janvier en Conseil des ministres, a assuré la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon. Elle a rappelé qu’un compromis sur le fond restait "incontournable", indépendamment de l’outil constitutionnel retenu.
Une nouvelle délibération en Conseil des ministres serait toutefois indispensable si le Premier ministre Sébastien Lecornu décidait d’activer le 49.3 dans les prochains jours. Cet article permet l’adoption d’un texte sans vote mais expose le gouvernement à une motion de censure.
Un compromis jugé indispensable
"La Constitution donne des moyens au gouvernement pour permettre l’adoption d’un budget", a souligné Maud Bregeon devant la presse, évoquant aussi bien le 49.3 qu’un possible recours aux ordonnances.
La porte-parole a insisté sur la nécessité d’un accord de fond avec le Parti socialiste et Les Républicains. "En tout état de cause, le compromis est incontournable", a-t-elle répété, estimant que "ce qui fait le compromis, c’est le fond et non la procédure parlementaire". Sébastien Lecornu a ainsi appelé à "clarifier coûte que coûte" les sujets de fond.
Mais sans compromis, l'exécutif n'aura d'autre choix que de passer en force 49-3 ou ordonnance, peu importe selon l'entourage d'Emmanuel Macron. Le président est "neutre" sur le dispositif. "Seul compte le résultat", glisse l'un de ses proches. Manière une fois de plus de renvoyer la balle vers Matignon.
Selon l’Élysée, Emmanuel Macron souhaite donc concilier adoption du budget et stabilité politique. Si les ordonnances étaient retenues, elles devraient être "négociées", avec l’assurance du PS et de LR de ne pas censurer le gouvernement.