Les violences se multiplient en marge des blocages lycéens, avec 5 000 interpellations dans tout le pays. Les pouvoirs publics multiplient les mesures pour responsabiliser les parents : suppression d'aides régionales, courrier aux familles, ou encore engagement systématique de leur responsabilité financière.
Depuis le début du mouvement lycéen, 824 personnes ont été interpellées en Île-de-France, dont 85% de mineurs, et 5 000 interpellations ont été recensées dans tout le pays. Les dégâts se chiffrent en plusieurs dizaines de millions d'euros. Valérie Pécresse évoque 7 millions d'euros en Île-de-France, et entre 25 et 30 millions en Auvergne-Rhône-Alpes.
Face à l'ampleur de ces violences, une question se pose désormais pour les pouvoirs publics : comment responsabiliser les parents ?
En Auvergne-Rhône-Alpes, les aides régionales supprimées pour les familles de casseurs
En Auvergne-Rhône-Alpes, les parents seront frappés au porte-monnaie. Laurent Wauquiez, conseiller spécial de la région et chef des députés LR, annonce la suppression des aides régionales aux parents d'adolescents ultra-violents, une minorité selon lui, représentant au moins 600 euros d'aides cumulées par lycéen.
"Nous allons stopper toutes les aides régionales à destination des casseurs et de leur famille. Il y a le pass région, qui est quand même une très grosse aide à nos lycéens. Il y a les tarifs à la cantine scolaire. Il y a l'utilisation des transports scolaires", détaille-t-il. "Quand on parle de sauvages qui sont capables de déverser un jerrican d'essence sur un chef d'établissement ou de rouer de coups un agent ou un professeur, je ne nous vois pas continuer à lui payer le pass région tranquillement", ajoute-t-il, en insistant sur les 25 à 30 millions d'euros de dégâts que les casseurs doivent, selon lui, payer.
Dans les Pyrénées-Orientales, le préfet écrit directement aux parents
Dans les Pyrénées-Orientales, où des centaines de plaintes doivent être déposées, le préfet Pierre Régnault de la Mothe a choisi de s'adresser personnellement aux parents des casseurs par courrier. "Quand ils sont mineurs, j'ai souhaité écrire à leurs parents pour leur dire : faites votre boulot de parents, parce que votre enfant s'expose à des conséquences lourdes en termes de sanctions pénales, en termes de sanctions éducatives. Comme parents aussi, vous vous exposez vous-même à des conséquences pour ce qui vous concerne", explique-t-il.
Gérald Darmanin veut engager systématiquement la responsabilité financière des parents
Légalement, les parents sont responsables financièrement des dommages causés par leur enfant mineur, un principe rappelé hier par le ministre de la Justice Gérald Darmanin. Il affirme avoir demandé aux procureurs d'engager systématiquement la responsabilité des parents lorsque leur enfant se retrouve devant la justice.