Attendu à Mayotte mercredi 26 et jeudi 27 août, le Premier ministre Sébastien Lecornu reconnaît que la reconstruction de l'archipel, frappé par le cyclone Chido en décembre 2024, est "trop lente". Il promet de faire avancer les projets prévus par la loi de reconstruction et annonce un suivi mensuel depuis Matignon.
Sébastien Lecornu, attendu à Mayotte mercredi 26 et jeudi 27 août, un an et demi après le passage dévastateur du cyclone Chido, admet que la reconstruction est "trop lente" et promet de "sortir de terre" les projets prévus par la loi de reconstruction d'août 2025.
Dans un courrier aux maires de l'archipel daté de lundi et obtenu par l'AFP, le Premier ministre reconnaît que "la reconstruction et le développement du territoire sont trop lents" depuis le passage meurtrier du cyclone en décembre 2024, malgré la mobilisation de l’État et des collectivités, et les crédits de 4 milliards d'euros prévus dans la loi quinquennale 2026-2031, promulguée le 11 août 2025.
Eau, santé, écoles... Les "difficultés persistantes" sur l'île selon
Sébastien Lecornu souligne notamment des "difficultés persistantes" d'accès à l'eau, aux soins, "les besoins de construction et de rénovation des écoles, les retards dans la livraison ou la mise en service d'équipements publics", ainsi que "les incertitudes" entourant la réalisation de certains projets, qui « nourrissent une impatience que je comprends et que je partage ».
L'intersyndicale CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, FSU, Solidaires, Unsa, Snalc de ce département le plus pauvre de France, a appelé à des grèves et manifestations lors de cette visite pour réclamer une hausse des salaires visant à compenser la cherté de la vie.
"Les projets doivent sortir de terre"
Sébastien Lecornu, dont ce déplacement sera le premier en Outre-mer depuis sa nomination à l'automne, entend répondre avec les maires à ces difficultés qui ne sont "plus" une question de crédit : "les projets doivent sortir de terre car les financements sont là".
Il évoque aussi des décisions à venir dans la lutte contre l'immigration clandestine, alors que la moitié des 323.000 habitants de l'archipel sont étrangers selon 'Insee, ou "la maîtrise civilo-militaire des espaces maritimes" français dans le stratégique océan Indien.
Un suivi mensuel depuis Matignon
Le chef du gouvernement ne veut pas "présenter un énième plan supplémentaire" mais "identifier les décisions" à prendre, "les moyens qui doivent être renforcés et les obstacles qui doivent être levés", alors que seuls 12% des crédits votés et délégués en 2026 ont été dépensés.
Il réaffirme le "caractère définitif et irréversible des projets structurants" prévus par la loi : la construction d'un second hôpital et d'un nouvel aéroport, la mise en place d'un deuxième établissement pénitentiaire ou d'une usine de dessalement.
"Aucune mesure d'économie ne se fera sur le dos de Mayotte", promet Sébastien Lecornu alors qu'il entend modérer les dépenses dans un contexte budgétaire tendu. À l'issue de ce déplacement, "un comité de suivi" interministériel se réunira chaque mois à Matignon et le Premier ministre reviendra à Mayotte début 2027.
Sébastien Lecornu invite d'ici là les maires de l'archipel, ainsi que le président du département-région Ben Issa Ousséni, à venir à Matignon en novembre, à l'occasion du Congrès des maires, "pour dresser ensemble un premier point d'étape".