Antisémitisme : extrême droite et extrême gauche "tardent" parfois à condamner, regrette Griveaux

, modifié à
  • A
  • A
Benjamin Griveaux a appelé à une condamnation "absolument peu ambiguë" de la part de la classe politique face à l'explosion des actes antisémites.
Benjamin Griveaux a appelé à une condamnation "absolument peu ambiguë" de la part de la classe politique face à l'explosion des actes antisémites. © Bertrand GUAY / AFP
Partagez sur :
Le porte-parole du gouvernement a dénoncé mardi matin la longueur du délai avec lequel l'extrême gauche et l'extrême droite condamneraient les actes antisémites en forte hausse en 2018.

Le porte-parole du gouvernement à appelé mardi à une condamnation "absolument peu ambiguë" de la part de la classe politique face à l'explosion des actes antisémites, en regrettant qu'extrême droite et extrême gauche aient parfois selon lui "tardé" à réagir. Le bond de 74% des actes antisémites en France en 2018 est "évidemment insupportable" et "rappelle des moments de l'histoire de France qu'on aimerait voir oubliés", a réagi Benjamin Griveaux sur France 2.

"Souvent en marge" des cortèges de "gilets jaunes". Le porte-parole a dit ne pas souhaiter "faire de lien" entre ces actes et le mouvement des "gilets jaunes", alors que "des enquêtes sont en cours", mais a remarqué qu'ils interviennent "souvent en marge de ces cortèges où, on le sait, une part d'extrême gauche et une part d'extrême droite se mêlent, provoquent des violences (…)". "C'est souvent en marge de ces cortèges qu'on retrouve ces inscriptions antisémites absolument inacceptables", a-t-il ajouté.

Le mouvement des "gilets jaunes" sert-il de défouloir ? "En tout cas, sur l'antisémitisme, il y a une libération de la parole manifestement", a jugé Benjamin Griveaux. Face aux actes antisémites ou racistes, il a plaidé pour une réponse "pénale, judiciaire" forte avec des poursuites, "y compris sur les réseaux sociaux".

"Une forme de romantisme révolutionnaire insupportable". Faut-il plus de fermeté ? "Pas plus de fermeté mais il faut y répondre de manière absolument peu ambiguë", a-t-il estimé, jugeant qu'"il y a parfois des dénonciations qui ont tardé, y compris au sein de la classe politique, sur les questions de l'antisémitisme, de l'antiracisme, de la xénophobie". "Extrême droite et extrême gauche ont eu en permanence des difficultés à dire qu'ils condamnaient les violences sans aucune ambiguïté", a-t-il regretté. "Il y a une forme de romantisme révolutionnaire chez certains qui est absolument insupportable", a-t-il critiqué, disant attendre de la classe politique qu'elle soit "exemplaire" sur ces sujets.

Corbière dénonce l'attitude de Griveaux. Le député La France insoumise Alexis Corbière a réagi sur franceinfo en condamnant les actes antisémites mais en critiquant aussi un "porte-parole du gouvernement (qui) immédiatement, sans trop savoir d'où ça vient (...) en profite pour faire de la politique politicienne". L'antisémitisme, "c'est pas un outil pour chercher à salir les opposants politiques, sinon quelque part, on ne lutte pas contre l'antisémitisme, voire on le banalise, et je dis à Benjamin Griveaux : 'Ne banalisez pas l'antisémitisme, ne racontez pas n'importe quoi' : le mouvement des 'gilets jaunes' n'est pas un mouvement antisémite, sinon vous êtes fou, c'est une parole folle qui vous disqualifie et qui disqualifie la lutte contre l'antisémitisme", a estimé Alexis Corbière.