À un an de la présidentielle, la droite place la justice au cœur de la bataille politique, entre durcissement des peines, remise en cause des institutions judiciaires et surenchère sécuritaire, sur fond de volonté de séduire l’électorat du RN, dans le sillage du drame de Lyhanna dans le Gers.
À un an de la présidentielle, la droite française a trouvé son terrain de bataille : la réforme de la justice. Et sur ce sujet, c’est à qui ira le plus loin dans la surenchère.
Le déclencheur, c’est la mort de Lyhanna, cette fillette de 11 ans tuée dans le Gers, dont le principal suspect avait pourtant fait l’objet de plusieurs signalements, notamment pour viol sur mineure. Un drame qui a mis en lumière, une fois de plus, les ratés de la justice. Et la droite s’est engouffrée dans la brèche.
"Il faut une réponse pénale claire et ferme"
À commencer par Édouard Philippe, qui s’attaque directement à la philosophie du système pénal. "En France, on condamne tard et longtemps. Je pense que nous devons inverser ce principe. Dès la première infraction, il faut une réponse pénale claire et ferme", affirme le maire du Havre et candidat à la présidentielle de 2027.
Horizons et Les Républicains veulent également interdire aux magistrats de se syndiquer, et certains vont encore plus loin en proposant de supprimer l’École nationale de la magistrature.
Bruno Retailleau souhaite même dynamiter le Conseil supérieur de la magistrature et le remplacer par une cour disciplinaire chargée de sanctionner les juges défaillants. Car, selon lui, "les mécanismes de sanction sont obsolètes et corporatistes".
"Personne ne veut aller au bout ni s’attaquer à la racine du mal"
Pendant ce temps, David Lisnard veut montrer qu’il reste le plus radical. "Personne ne veut aller au bout ni s’attaquer à la racine du mal : la production du droit, la formation des magistrats, la bonne affectation des moyens de l’État", insiste-t-il.
Derrière cette surenchère se cache une même ambition : reconquérir l’électorat séduit par le Rassemblement National, en montrant que sur les questions de sécurité et d’ordre, la droite n’a plus de leçon à recevoir.