Affaire Benalla : au Sénat, les syndicats policiers dénoncent "la confusion des rôles"

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Garde du corps ou conseiller du chef d'Emmanuel Macron ? Les syndicats de policiers ont insisté sur la confusion des rôles d'Alexandre Benalla. © CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
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Interrogés par la commission d'enquête du Sénat sur l'affaire Benalla, les syndicats de policiers ont décrit les "relations exécrables" qu'Alexandre Benalla pouvait entretenir avec les forces de l'ordre.

Les syndicats policiers auditionnés mardi par la commission d'enquête du Sénat sur l'affaire Benalla ont dénoncé "la confusion des rôles, l'ambiguïté des fonctions" de l'ex-collaborateur du chef de l'État et décrit les "relations exécrables" qu'il pouvait entretenir avec les forces de l'ordre.

"Il venait très souvent sur les services d'ordre, pour des debriefings. Les cadres de la préfecture de police le connaissaient comme une autorité", a assuré David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN). "Tout commissaire que vous êtes: c'est le conseiller du président de la République...", a-t-il ajouté.

Garde du corps ou conseiller du chef d'Emmanuel Macron ? "La confusion des rôles, des missions, l'ambiguïté des fonctions d'Alexandre Benalla, nous posent de graves problèmes, notamment sur la lisibilité des instructions qu'il pouvait donner à nos collègues", s'est ému Olivier Boisteaux, président du syndicat indépendant des commissaires de police (SICP) devant les sénateurs.

Un comportement "autoritaire et déplacé". Selon Fabien Vanhemelryck, secrétaire général adjoint du syndicat de gardiens de la paix, Alliance, les relations entre Alexandre Benalla et les fonctionnaires de police sur le terrain "étaient exécrables". "Il se comportait comme un cador. Il a été vu sur plusieurs opérations, plusieurs debriefings et plusieurs voyages présidentiels", a souligné le secrétaire général du syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI), Jean-Marc Bailleul.  Au retour des Bleus, après leur victoire en finale de la Coupe du Monde, à Roissy lundi, Alexandre Benalla aurait eu un comportement "autoritaire et déplacé" avec les gendarmes mais aussi les fonctionnaires de la police aux frontières, a abondé David Le Bars qui relève également sa présence sur les cérémonies de panthéonisation de Simone Veil, le 1er juillet. 

"Pourquoi prendre un conseiller sécurité ?". Selon le secrétaire général d'Unité-SGP, Yves Lefebvre, "Alexandre Benalla faisait régner la terreur au sein du GSPR (groupe de sécurité de la présidence de la République). Il allait jusqu'à l'insulte à l'égard des gradés et gardiens de la paix." "Pourquoi avec le GSPR, prendre un conseiller 'sécurité' ?" interroge Marc Bailleul. "Est-ce qu'il y a une défiance de la présidence de la République à l'égard des gens qui sont chargés de la sécurité du président de la République ?" questionne aussi Olivier Boisteaux. "Il faut que ce soit des fonctionnaires de police ou des personnels de gendarmerie qui puissent exercer la mission régalienne qui consiste à protéger nos chefs", insiste David Le Bars. La commission d'enquête du Sénat devait entendre le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, mardi à 17h45 au sujet de l'affaire Alexandre Benalla