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«Abroger l'infraction d'apologie du terrorisme» : des propos tenus lors d'une conférence avec Rima Hassan font polémique

[OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP]

Au cours d'une conférence animée par l'eurodéputée Rima Hassan aux universités d'été de LFI, une juriste franco-palestinienne a répondu par l'affirmative à la question "faut-il abroger l'infraction d'apologie du terrorisme ?". D'autres propos sur le dispositif antiterroriste français ont provoqué de vives réactions. 

Rima Hassan à nouveau au cœur d'une polémique. À l'occasion des universités d'été de La France insoumise dans la Drôme, l'eurodéputée a animé une conférence consacrée à la "criminalisation et répression du mouvement de solidarité avec la Palestine". La question de l'apologie du terrorisme ainsi que la notion même de terrorisme ont été largement abordées. 

Au micro, Rima Hassan liste alors une série de questions parmi lesquelles : "Faut-il abroger l'infraction d'apologie du terrorisme ?". A ses côtés sur scène, Lucy, juriste franco-palestinienne prend la parole : "Oui, il faut l'abroger", affirme-t-elle provoquant les applaudissements du public et un large sourire sur le visage de l'eurodéputée. 

"Certains ont complètement perdu le sens des réalités"

Dans son argumentaire, la juriste estime que la notion même de terrorisme est "un poison contre nous" et qu'il vise simplement à "reprendre des concepts parfaitement politiques qui sont toujours une arme contre nous". Dans la foulée, elle affirme que LFI doit cesser de "se justifier de ces accusations de terrorisme et d'antisémitisme lorsqu'elles sont instrumentalisées" et juge que ces infractions "ciblent les quartiers populaires, les arabes et les noirs". 

Des propos qui n'ont pas manqué de faire vivement réagir. A droite, le patron des LR Bruno Retailleau appelle Jean-Luc Mélenchon à "désavouer les propos tenus" lors de cette conférence. "LFI insulte la mémoire des victimes du terrorisme. Ce parti est complice des ennemis de la France", dénonce-t-il. 

Même colère de la part d'Abdoulaye Kanté, élu au conseil de Paris et soutien de Gabriel Attal : "Entendre, dans une université d’été de LFI, des participants réclamer l’abrogation du délit d’apologie du terrorisme est révoltant [...] À un moment, ça suffit. Certains ont complètement perdu le sens des réalités et de notre mémoire collective". 

Rima Hassan elle-même jugée en octobre pour apologie du terrorisme

Rima Hassan est d'ailleurs elle-même visée par une plainte pour apologie du terrorisme. En avril dernier, elle avait été placée en garde à vue pour un tweet publié le 26 mars dans lequel elle citait Kozo Okamoto, ancien membre de l’Armée rouge japonaise, reconnu responsable du massacre de 26 passagers à l’aéroport international Ben-Gourion de Tel-Aviv le 30 mai 1972. Elle doit être jugée en octobre.