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INFO Europe 1 - Rima Hassan visite un détenu incarcéré pour terrorisme à la prison d'Osny

Ali est un symbole aux yeux de Rima Hassan de la lutte contre Israël. [© Blanca CRUZ / AFP]

Selon les informations d’Europe 1, l'eurodéputée insoumise a exercé son droit de visite parlementaire des lieux de privation de liberté avec d’autres députés lundi à la maison d’arrêt d’Osny (Val-d’Oise). Visite au cours de laquelle elle s’est entretenue, parfois en arabe, contrairement à ce qui est autorisé, avec un détenu soupçonné de terrorisme…

Les députés insoumis ont-ils détourné leur droit de visite parlementaire ? Ce lundi après-midi, plusieurs députés se présentent devant le domaine pénitentiaire d’Osny (Val-d’Oise). Sont présents les Insoumis Gabrielle Cathala, Thomas Portes, Rima Hassan ainsi que la député écologiste Sabrina Sebaihi accompagnée de son attaché parlementaire et un collaborateur d’Aurélien Taché. Avec eux, six journalistes du Monde, France Inter, Blast, Mediapart et Politis. Tout ce petit monde accompagne la délégation qui entend exercer son droit de visite parlementaire, en ce lundi de Pentecôte, dans cette maison d’arrêt surpeuplée du Val-d’Oise.

La direction de l’établissement ne peut s’y opposer, tout parlementaire a le droit de visiter n’importe quel lieu de privation et de libertés sur le territoire national. Selon les informations d’Europe 1, la porte leur est ouverte quelques minutes après leur arrivée. Branle-bas de combat au sein de la maison d’arrêt, des surveillants sont mobilisés pour accompagner la délégation. Les règles leur sont rappelées : les députés ne peuvent pas échanger avec les détenus sur leur situation pénale, mais uniquement sur leurs conditions de détention. Par ailleurs, ils n’ont pas le droit de demander à voir un détenu en particulier, une décision d’un juge étant nécessaire. L’objet de leur visite ne doit donc se concentrer que sur les conditions d’incarcération.

Des échanges en arabe

La visite commence. Les députés veulent voir le quartier disciplinaire. L’accès à un premier détenu leur est refusé. Mais auprès d’un autre, incarcéré pour trafic de stupéfiants, la délégation est autorisée à échanger. "Rima Hassan et lui semblaient se connaitre", rapporte un témoin de la scène. Puis viennent les visites des douches et d’autres sites de la prison.

Les élus demandent alors à se rendre dans un autre bâtiment. Ils exigent l’ouverture d'une cellule. A l’intérieur, un certain "Ali", détenu depuis mai 2024. Selon des sources pénitentiaires, le détenu a échangé des mots en arabe à Rima Hassan, ce qui est interdit, l’encadrement étant censé pouvoir contrôler ce qu’il se dit entre les détenus et les parlementaires. L'eurodéputée a alors rétorqué que le détenu ne parlait pas bien la langue française. En outre, des bribes de conversations auraient été surprises entre la député et le détenu évoquant sa situation pénale, là encore ce qui est contraire au cadre de la visite parlementaire. "Rima Hassan l’a pris à plusieurs reprises dans ses bras", rapporte un observateur. Elle a alors demandé si elle pouvait faire une photo d’Ali, à visage découvert. Non, "impossible sans autorisation d’un juge", lui a-t-on répondu.

Détenu pour assassinat

A peine sortie de la prison, l'eurodéputée postera sur X une photo d’Ali, de dos, et ce commentaire : "Depuis la cellule d’Ali réfugié palestinien en détention provisoire depuis deux ans sur la base d’accusations provenant de l’Etat colonial israélien. La France lui a retiré son statut de réfugié et se range du côté de son oppresseur sans même qu’il soit jugé."

Ce que ne dit pas l'eurodéputée, c’est que selon les informations d’Europe 1, Ali a été placé en détention provisoire par un juge des libertés et de la détention (JLD) français et donc indépendant le 31 mars 2024. Il a été mis en examen pour "complicité de tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste", "association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d’un ou plusieurs crimes d’atteintes aux personnes" et "financement d’entreprise terroriste". Pendant trois mois, il est passé par le quartier d’évaluation de la radicalisation de Vendin-le-Viel avant d’atterrir dans le Val-d’Oise. Sur le papier, il risque la réclusion criminelle à perpétuité.

Ali est un symbole aux yeux de Rima Hassan de la lutte contre Israël. Bon nombre de collectifs pro-palestiniens relaient aujourd’hui une manifestation prévue ce samedi à Paris pour exiger sa libération. Quel était le véritable objet de la visite parlementaire de Rima Hassan et de ses collègues ? S’enquérir des conditions de détention des prisonniers ? Ou détourner son droit de visite pour faire monter la sauce sur une manifestation appelant à la libération d’un "détenu palestinien" ? L’avocat d’Ali n’est autre que Raphaël Kempf, investi par LFI dans la 1ère circonscription de Paris lors des dernières législatives. Encore un hasard ? "Ali conteste fermement les accusations portées contre lui", indique l'avocat.