À quoi va ressembler le "grand débat national" ?

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Le grand débat national sera lancé mardi pour deux mois.
Le grand débat national sera lancé mardi pour deux mois. © Ludovic MARIN / AFP
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La vaste consultation initiée par l'exécutif commence mardi. Elle se concentrera sur quatre grands thèmes, une trentaine de questions, et sera animée par deux ministres.
ON DÉCRYPTE

À la veille du lancement, mardi, du "grand débat national" destiné à calmer les troubles sociaux, on en sait un peu plus sur les modalités d'organisation. Divisée en quatre grands thèmes, cette consultation, qui durera deux mois, s'annonce dense.

Quels thèmes abordés ?

Comme prévu, les sujets à aborder pendant la consultation sont divisés en quatre grands thèmes : les impôts, les dépenses et l'action publique ; l'organisation de l'État et des collectivités publiques ; la transition écologique ; la démocratie, l'immigration et la laïcité. Dans une lettre aux Français publiée dimanche, Emmanuel Macron a subdivisé ces thèmes en une grosse trentaine de questions : quels impôts baisser en priorité ? Faut-il des quotas migratoires ? Où faire des économies ? Faut-il reconnaître le vote blanc ?

Qui pour animer les débats ?

Au départ, la consultation devait se dérouler sous l'égide de la commission nationale du débat public (CNDP) présidée par Chantal Jouanno. Mais celle-ci a finalement jeté l'éponge après une vive polémique sur son salaire, depuis doublée de critiques sur la qualité et l'avancement du travail de la CNDP.

L'Élysée a donc désigné deux membres du gouvernement pour se charger de l'animation des débats. Emmanuelle Wargon, secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique, et Sébastien Lecornu, ministre chargé des Collectivités territoriales, doivent s'occuper respectivement de la place de la société civile et des élus dans cette consultation. En plus de ces deux ministres, cinq personnalités indépendantes vont être nommées - deux par le gouvernement, et les trois autres par le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand (LREM), le président du Sénat Gérard Larcher (LR) et celui du Conseil économique, social environnemental, Patrick Bernasconi - pour encadrer notamment les remontées de terrain. Et ce, afin d'en garantir la neutralité vis-à-vis du pouvoir.

Comment vont s'organiser les débats ?

L'exécutif compte "sur les maires et les associations pour mettre en œuvre ce débat", a indiqué le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. Lundi, les élus se sont vus remettre des kits, intitulés "Mon territoire en cartes", et qui brossent le portrait socio-démographique de chaque communauté de communes. Il y en a donc 1.264 différents, avec chaque fois le nombre d'habitants, des informations sur le logement, le marché du travail, ou encore la couverture numérique et le nombre de médecins généralistes. Des outils sur lesquels les édiles vont s'appuyer pour organiser les débats.

Emmanuel Macron a également évoqué la possibilité que des débats soient organisés par "des responsables associatifs ou de simples citoyens". Une plateforme électronique a également été mise en place, à l'adresse granddebat.fr.) Les contributions des Français pourront y déposées à partir du 21 janvier, ou envoyées par courrier postal (Mission Grand Débat - 244, bd Saint-Germain, 75007 Paris). Des "stands de proximité" seront également installés "dans des lieux de passages du quotidien". À partir du 1er mars, des "Conférences citoyennes régionales" seront enfin organisées.

Comment Emmanuel Macron va-t-il s'impliquer ?

Le chef de l'État sera mardi dans l'Eure, à Grand Bourgtheroulde, pour donner le coup d'envoi du "grand débat national". Il y rencontrera 600 élus et maires de la région. Trois jours plus tard, c'est dans le Lot que le président est attendu. Il devrait ainsi multiplier les déplacements pendant la consultation, de même qu'Edouard Philippe.  

Sur quoi cela va-t-il déboucher ?

La fin de la période de consultation est prévue le 15 mars. Ensuite, pendant un mois, les remontées de terrain seront traitées et des décisions prises en conséquences avant la fin du mois d'avril. Ceux qui espéraient un référendum seront déçus : dans sa lettre aux Français publiée dimanche, Emmanuel Macron a écarté cette option. "Ce débat est une initiative inédite dont j'ai la ferme volonté de tirer toutes les conclusions", a écrit le chef de l'État. "Ce n'est ni une élection, ni un référendum."