Sénat à gauche : les dénégations

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Olivier Duhamel
LE + D'OLIVIER DUHAMEL - Considérer qu'il ne s'est quasiment rien passé dimanche atteint des sommets dans l'absurdité.  

Lundi 26 septembre

Pour la première fois dans l'histoire de la Ve République, la gauche est majoritaire au Sénat. L'adjectif "historique", souvent galvaudé, se trouve pleinement justifié.

Or qu'avons-nous entendu hier soir ? Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, affirmer que ce n'était "pas une surprise".

L'Elysée faire un communiqué, que rien n'imposait, pour préciser qu'il s'agit seulement de "la conséquence de la progression de la gauche aux élections locales depuis 2004".  Patrick Ollier, ministre chargé des relations avec le Parlement, qu' "il n'y a pas de poussée de la gauche, c'est arithmétique". Pas historique, arithmétique...

Bref, la droite pensait parvenir à préserver sa majorité au Sénat, mais elle l'aurait perdu automatiquement. Elle va jusqu'à affirmer, Gérard Larcher et François Fillon exceptés, qu'il n'y a pas de poussée de la gauche, alors que chacun constate qu'elle progresse nettement, et plus que prévu par tous les acteurs et tous les commentateurs politiques.

Surestimer les conséquences de la victoire de la gauche, y voir une garantie de succès pour les scrutins décisifs de 2012, serait évidemment une grave erreur. Mais considérer qu'il ne s'est quasiment rien passé atteint des sommets dans l'absurdité.